Le dopage en impro

Par Michel M. Albert

Les Jeux Olympiques sont de nouveau en cours et qui dit Olympiques de nos jours, dit aussi scandales de dopage. Si on brise encore des records, c’est souvent que les athlètes ont amélioré leur performance chimiquement, et certains ont même triché le système pour ne pas se faire pincer sur le coup, comme toute l’équipe russe des Jeux de Sochi en 2014, ou Lance Armstrong au Tour de France.

Mais en impro, est-ce que des joueurs se dopent?

Évidemment, les stéroïdes anabolisants ne font pas partie de la recette. Oui, l’improvisation peut être physique, mais là n’est pas vraiment la clé du succès. L’impro est, malgré les pirouettes qu’on peut lui amener, foncièrement mentale. Et il est un peu plus difficile d’améliorer son mental sans aussi lui porter atteinte.

Par exemple, chez les joueurs plus vieux qui jouent dans un bar, l’alcool, facilement disponible, peut représenter un atout à la confiance et à la disponibilité. Le joueur en question se sent peut-être nerveux et un dépresseur comme l’alcool pourrait le « dégêner ». Malheureusement, la surconsommation nécessaire à vaincre le trac rend le joueur inutile en jeu. Ce qu’il gagne en disponibilité, il perd en écoute, en efficacité, et en écriture. Et à la longue, il crash, et ne peut même plus suivre les caucus.

FB_IMG_1518483917066

Les drogues récréatives sont à déconseiller pour la même raison (en plus d’être illégales). Les dépresseurs sont généralement plus forts et tuent l’écoute. Les hallucinogènes ne sont pas un atout à la créativité dans un jeu instantané (plutôt un cauchemar pour tout joueur qui essaie de construire avec quelqu’un « dans sa bulle ». Et les amphétamines (le speed, la cocaïne) donnent un boost temporaire d’énergie et de confiance, mais au détriment, encore une fois, de l’écoute, en plus d’être particulièrement dangereux pour la santé.

Pour de l’énergie acquise un peu plus raisonnablement, certains se tournent vers la caféine, surtout dans des événements de longue durée comme des tournois. Rien de mal avec un café, ou même, je l’imagine, une boisson énergétique, mais il ne faut pas abuser. D’une part, la caféine est un déshydratant, et il est important pour les joueurs de rester hydratés pendant un match. La santé peut en prendre un coup, voire même le corps peut lâcher en plein match, si on sèche debout. D’une autre, trop d’énergie, c’est comme pas assez de retenue, on joue mal, on n’écoute pas, on manque des détails, on manque de clarté, on perd nos objectifs de vue. Une impro qui se passe à un rythme fulgurant que le public a peine à suivre en vaut autant qu’une autre où les joueurs ricanent et ne suivent pas parce qu’ils ont trop bu.

FB_IMG_1518483948818

Dans l’analyse finale, les substances que l’on peut prendre avant ou pendant un match pour aider sa performance, font plus de tort que de bien. Ça ne marche pas. Au mieux, on est marginalement plus vite ou un peu plus dispos; au pire, on ruine l’impro des autres, ou même on blesse quelqu’un ou soi-même par mégarde. Vaut toujours mieux de travailler ses problèmes naturellement, avec la pratique ou la pensée positive. Il faut travailler sa confiance, pas la simuler artificiellement. De la même façon, de la positivité offre de la meilleure énergie que de la caféine en canne.

Ce n’est pas les Olympiques. On ne se fait pas tester après. Sauf par le public. Et le public le sait quand quelqu’un n’est pas en plein contrôle de ses capacités. Il est là, le test final.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec nous à improvisationnb@gmail.com!

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s