Ces punitions qu’on ne mérite pas

Par Elyse Hamel

Que l’on soit joueur, entraîneur, ou membre du public, c’est inévitable. À un moment ou un autre, l’arbitre en chef va décerner une punition qui nous semble erronée ou sans fondement. PIRE, il nous donne une punition alors que selon nous, c’est l’autre équipe qui en méritait une! Cette frustration de se sentir punis injustement est d’autant plus forte si l’on est soi-même arbitre dans d’autres contextes et qu’on se dit sans équivoque « ben moi je n’aurais pas donné ça! »

Que faire alors, quand on se sent bafoué, quand on sent que l’arbitre s’est trompé? Premièrement, ne vous faites pas d’illusions. La période de questions n’est pas là pour vous aider à vous sortir de la punition. La plupart du temps, une fois donnée, la punition reste à la fiche. Seule exception peut-être – des protêts (lorsque permit par les règlements de la compétition) peuvent être utilisés pour contester les situations extrêmes.

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Bien sûr, on peut quand même se servir de la période de question pour faire valoir son point, mais attention, mieux vaut rester dans un registre léger et humoristique. La pire erreur qu’une équipe peut faire c’est de rendre évident que la punition les dérange. De voir des joueurs frustrés, ça crée automatiquement un malaise pour le public. Tout d’un coup, le rideau tombe et on ne sent plus que la compétition n’est qu’une mascarade, on sent les joueurs trop sensibles et on ne sait pas comment réagir.

Ce conseil de ne pas paraître comme si la punition nous dérange cache un conseil encore plus difficile à suivre : ne laissez pas la punition vous déranger. Pour vrai. Rien de pire que de recevoir une punition qui frustre et de voir son jeu dégringoler par la suite parce qu’on a une crotte sur le cœur. Comme les impros moins bien réussies, une fois une punition douteuse donnée, mieux vaut tout oublier et faire table rase dès que le prochain thème est lu.

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Évidemment, c’est un art difficile à maîtriser, ce laisser-aller. L’arbitre est le « maître absolu du jeu » et doit faire perdurer l’illusion qu’il est omniscient. Dès qu’il dérape, on a tendance à lui en vouloir. Mais il faut se souvenir que l’improvisation est un art subjectif. Tous n’ont pas la même vision des choses, n’interprètent pas les situations de la même manière, bref, rien n’est noir sur blanc. Cela fait partie du contrat social qu’on signe en endossant un jersey et en embarquant sur la patinoire.

En tant que joueur, et en tant qu’arbitre, on se doit de se souvenir du contexte. Dans une ligue régulière, on a un peu plus de latitude que dans le cadre d’un tournoi. De la même manière, lorsqu’on arbitre des plus jeunes, on se doit d’être plus pédagogique avec les punitions qu’on décerne, alors que lorsqu’on a à faire avec des adultes, on peut se permettre de punir des aspects plus pointus du jeu. Joueurs comme arbitres, on ne doit jamais perdre de vue que la structure du match reste une illusion au service du spectacle – et les punitions, elles en font partie!

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