Jouer par vengeance : Un souvenir de ma première CUI

Par Michel M. Albert

La 30e Coupe universitaire d’improvisation s’en vient très vite – elle sera disputée à Moncton du 24 au 26 mars 2017 – et pour les vétérans de ce tournoi, cela veut dire un voyage inévitable à nos « belles » années, ou du moins à nos « jeunes » années. Le souvenir que je vais partager avec vous date de ma première CUI, la 4e en tout, édition 1990, dans l’Âge de Pierre quoi !

Vous y serez confrontés à des réalités désagréables, mais restez jusqu’à la fin pour la vraie leçon à en tirer.

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Cui 1997

Alors retournons dans le temps, à un Michel qui joue pour le Centre universitaire Saint-Louis-Maillet (aujourd’hui l’Université de Moncton-Campus Edmundston) à l’âge tendre de 18 ans, un âge où on fait des gaffes, ou on a encore beaucoup à apprendre. Pour protéger les innocents (dans tous les sens du terme), je ne nommerai personne ni aucune équipe impliquée.

Donc je joue pour cette petite équipe, traditionnellement composée surtout de recrues, mais nous avons un ancien ou deux qui se souviennent des Coupes précédentes. Et des anciens, ça jase. Ça aime raconter les vieilles histoires, les bonnes comme les plus aigres. Une histoire de CUI que nos vétérans racontaient, d’ailleurs, c’est comment une équipe de l’université hôtesse de la CUI ’90 avait été moins que gentille avec nos cousins de Moncton. Que notre vétéran, et toute l’équipe d’Edmundston, les avaient entendus parler en mal de l’équipe du Campus Moncton, se moquer de l’Acadie, et se préparer à aller voire l’ultime défaite de cette équipe avec réjouissance.

Mon vétéran avait été outré par ce comportement antisportif, bien évidemment.

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CUI 2002

 

Et puis on reçoit l’horaire des matchs. Edmundston allait jouer le match d’ouverture avec la dite équipe. C’est possible que ce soit un adon causé par quelque élément statistique, mais il nous semblait dans le temps que l’équipe hôtesse cherchait tout simplement une victoire facile pour lancer le tournoi, et s’ils avaient une piètre opinion de l’équipe de Moncton, imaginez ce qu’ils pensaient de celle du petit campus d’Edmundston (environ 500 étudiants).

Armée de cette histoire, et encouragée par les vétérans qui avaient une crotte sur le cœur, nous sommes allez à la CUI, vraisemblablement, avec un seul but en tête : battre cette équipe. Pour l’honneur de notre patrie néo-brunswickoise, mais aussi pour venger nos collègues de qui on riait l’année précédente. Et vu qu’on n’avait aucune idée avec qui nos autres matchs allaient être disputés (un système de double élimination qui déterminait le prochain match basé sur qui gagnait et perdait), nous n’avions que cela en tête.

Ce premier match, nous l’avons gagné. Et par un concours de circonstance, nous avons fait face à cette même équipe plus tard dans le tournoi et l’avons éliminée. Dans les corridors, ils chialaient fort que nous avions été rudes – de toute évidence, leur attitude avait peu changé – et c’est peut-être le cas. Dans le temps, le jeu était généralement plus rude. Et rude ou non, j’avoue librement que je jouais de façon plus agressive. Je prenais plus de place. Je parlais plus, et plus fort. Je jouais pour gagner. Mais surtout, j’en donnais autant que j’en recevais. L’équipe en question n’en faisait pas moins. Et ce n’est pas pour dire que c’était la clé de notre succès. Ces matchs, nous les avons remportés en supplémentaire ; les matchs que nous avons perdus à d’autres équipes pendant le tournoi, nous nous sommes inclinés en supplémentaire aussi. Mais oui, l’équipe antisportive, je ne peux le nier, je voulais les battre plus que les autres.

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CUI 2006

Je n’ai cependant jamais plus joué « par vengeance », ni n’ai encouragé des joueurs à se motiver ainsi. Pas parce que mes équipes ne se sont jamais plus fait lésées par des joueurs, officiels ou organisations, mais parce que c’est une bien mauvaise raison de jouer un match d’impro. Ça ne mène pas au bon jeu. J’ai d’ailleurs peine à me souvenir d’impros que j’aurais jouées avec cette équipe, surtout d’une impro qui aurait été bonne. On fait de l’impro pour donner un spectacle, et aussitôt qu’on joue pour autre chose, comme un règlement de compte, le jeu en souffre, et la victoire est vide de sens (la défaite, elle, amère).

L’autre leçon à tirer, c’est de ne pas souffler sur ce tison néfaste en agissant de façon antisportive. Que vous soyez hôtes ou visiteurs, un tournoi d’impro se veut une rencontre conviviale, son spectacle à la merci de la bonne humeur des participants. Pourquoi donner à quelqu’un du fil à retordre ou une expérience négative ? Quand le jeu en souffre, c’est aussi le public qui paie. Si on accueille, on le fait les bras ouverts. Si on visite, on le fait avec gratitude et respect. C’est pourtant simple. Laissez l’amertume des années précédentes de côté, elle n’ajoute rien au spectacle.

Aujourd’hui, c’est dans cet esprit que je veille à l’organisation de tout événement d’impro auquel je m’implique. Venez nous voir à la Coupe universitaire d’improvisation 2017, Pavillon Jacqueline-Bouchard dès 19h30 le vendredi 24 mars – je vous en promets autant.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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