Catégorie FEU !

Par Michel M. Albert

Le Nouveau-Brunswick n’adopte pas facilement de nouvelles catégories – la majorité des « inventions » qui sortent du cadre traditionnel sont des gamiques qui n’ont pas la liberté et variété requises des vraies catégories – et la catégorie que je vais soumettre ici n’est pas pour adoption générale non plus. À l’essai, pour le fun, à la Licum cette année, on pense peut-être en faire notre touche de couleur locale permise à la Coupe universitaire qui aura lieu à l’Université de Moncton en mars 2017. Mais la glisser au feuillet de règlements officiels ? Bien sûr que non.

Ceci dit, le Nouveau-Brunswick adopte très facilement des insides ridicules. Et c’est comme ça que la Catégorie Feu a vu le jour.

13895056_1083793358361794_2313864373992064062_n

Le contexte historique

Remontons dans le temps dans une ère obscure, l’improvisathon de la Licum 2016. Les spectateurs peuvent y acheter des cartons de thèmes, les remplir et les voir joués. Quelqu’un avec une main d’écriture franchement passable remet un carton avec… non, mais c’est illisible, ça… L’arbitre en chef lit « Catégorie… Feu ? ». Rire général, on réalise que le mot est surement sensé être « Fixe », mais malgré tout, l’arbitre décide de faire jouer « Feu », pour voir ce que ça donnerait.

Les joueurs ont créé leur propre catégorie, soit une où les personnages étaient « allumés » à certains moments et mimaient la flamme au-dessus de leurs têtes. Pendant la journée, « Catégorie Feu » est revenu plusieurs fois, au grand délice de la foule, et chaque fois, les joueurs trouvaient une nouvelle façon de la faire (par exemple, empiler des jeux de mots enflammés dans l’histoire). On aura même vu une « Catégorie Eau » pour faire changement.

Donc, bien que la Catégorie Feu n’ait jamais été définie, elle fait maintenant partie de notre imaginaire improvisationnel. Mais comment en faire quelque chose qui peut revenir match après match sans être lassante.

13920797_1092864404121356_5814047151867034436_n

Une catégorie qui fonctionne

Dans sa préparation annuelle de ligue ou de tournoi, l’arbitre prépare un sac de petits papiers avec des mots communs dessus. Comme « Feu », ces mots sont simples ou font partie d’une locution simple, comme « Garage », « Twitter » ou « Sel et poivre ».

Je vais donner un exemple poche pour ne pas vendre un punch dans un vrai spectacle… Pendant le match, l’arbitre lit son carton de thème et arrive à « Catégore FEU ! », le public proclame sa joie (normalement). Son juge de ligne lui offre immédiatement le sac de mots, il pige quelque chose au hasard, et le lit : « Dans ce cas-ci, il s’agit d’une Catégorie… Radio ! Et elle sera d’une durée de… 2 minutes. »

11053338_862326737175125_2512354549880780555_n

L’astuce pour les équipes, c’est de non seulement suivre le thème, mais aussi d’inventer une catégorie qui pourrait vraisemblablement s’appeler, dans ce cas-ci, « Radio ». L’impro est nécessairement comparée pour laisser chaque équipe mettre en action son concept. Les joueurs peuvent se donner la capacité de « tricher » un règlement de l’impro-match (comme on le fait en « sans limites » par exemple), ou alors se donner une contrainte ou un style particulier. La catégorie ainsi créée n’est pas expliquée au public ; on doit la comprendre juste en la voyant en action. L’arbitre peut finir par donner un non-respect de la catégorie si les joueurs ne respectent pas leur propre concept.

Donc dans notre exemple poche, une équipe pourrait faire ce qu’au Québec on appelle la « radiophonique » (on ne voit pas les joueurs, on n’entend que leur voix), alors que l’autre pourrait faire une impro où un « maître du jeu » syntonise un différent poste de radio à des intervalles pour sauter d’une impro à l’autre (certaines sont chantées, bien sûr).

Une fois les improvisations jouées, on ne revoit plus ces pseudo-catégories. Le papier ne retourne pas dans le sac, et la prochaine Catégorie Feu sera complètement différente. Malgré son nom, la catégorie est vraiment « Catégorie Inventez votre propre catégorie » et donne une latitude aux joueurs d’innover à l’intérieur du cadre de l’impro-match. Rien n’empêche, évidemment, une équipe d’adapter une catégorie de « par chez eux », tant qu’elle n’est pas dans le canon des règlements utilisés par le présent match, mais elle s’enlèverait une chance inouïe de travailler un nouveau muscle.

Catégorie FEU ! – À un événement d’impro près de chez vous bientôt..?

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s