Fixer la fixe

Par Michel M. Albert

Ah, la fixe. Ce nouvel animal sur la scène d’improvisation. Après une couple d’année de l’utiliser officiellement dans notre réseau, on connait bien ses opportunités et ses défis (voir Bougez pas, on parle de la fixe).

Ce qu’on ne sait pas toujours comment faire, c’est bien la réussir.

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Comme la majorité des catégories, il s’agit, en fait, de faire de la catégorie la STAR de l’improvisation.

Qu’est-ce qui rend la fixe différente ? Qu’est-ce qui fait son charme ? En enlevant le mouvement, qu’est-ce qui ressort davantage ?

La réponse, après une couple d’années d’observation est : La mise en scène.

Quand on se place, au tout début de l’impro, l’image qu’on crée est primordiale au succès de l’improvisation. C’est après tout la PHOTO que le public regardera tout le long. Est-ce que ce sera une image plate avec des gens, assis ou debout, en train de parler ? Ou est-ce que la photo sera prise dans le feu de l’action ?

Pour donner un exemple d’une récente improvisation de skidoo – les joueurs m’ont donné la permission de l’utiliser – faute de pouvoir se concerter (c’était une rare fixe mixte), les joueurs ont justement pris place, l’un assis, l’autre debout. L’improvisation n’était pas sans ses charmes, mais la réalité est que l’on aurait pu voir la même improvisation en libre. On faillit donc le premier test : Est-ce que la catégorie était la VEDETTE de l’improvisation ?

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Retournons au thème, qui parlait très évidemment de « skidoo », nombre de joueurs : un par équipe. Au caucus, les joueurs auraient dû commencer par la MISE EN SCÈNE avant même de lancer des idées d’histoire ou de personnages. Le thème, en fait, évoquait à lui-même une mise en scène : Deux personnes assises sur une motoneige, la personne derrière le conducteur peut-être pointant quelque danger pour se faire voir. (Ce n’est pas la seule mise en scène que je peux imaginer, mais c’est la plus simple.)

IMMÉDIATEMENT, on sait où l’on est. N’importe quoi peut quand même arriver dans la situation présentée. La mise en scène suggère même un incident (ou un accident) à venir. Elle suggère du bruit, de l’action. Elle capte l’attention du public avec sa clarté et son dynamisme. Et elle n’est pas sorcière – le thème dictait déjà le « lieu » et même la position des joueurs.

Donc pour la fixe, pensez à votre mise en scène dès le début du caucus. Évitez de remplir l’arène pêle-mêle. Créez la « photographie » que le public aura à scruter pendant les prochaines minutes. Cette image peut être inusitée et étrange, elle peut être claire et tout de suite reconnaissable, selon le thème. En mixte, ce raccourci est très important ; en comparée, les équipes peuvent travailler des complexités additionnelles. Mais rappelez-vous toujours que la fixe n’est pas seulement un jeu de voix, comme la « radiophonique » québécoise, mais aussi un jeu d’ESPACE. Remplissez-le comme il faut.

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Une réflexion sur “Fixer la fixe

  1. Je dirais aussi qu’un truc facile pour réussir une mixte c’est de commencer l’impro le plus loin possible (physiquement et non temporellement) de l’image crée par la mise en scene. Le challenge et l’intrigue deviens donc « Comment ils vont se rendre d’une cuisine a Honolulu a un Skidoo dans le grand nord? »

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