À la manière de… l’humoristique

Par Michel M. Albert

L’humoristique. La catégorie qui fait tout le monde se demander « c’est tu pas une libre ça? ». Personne ne sait comment véritablement l’aborder. Ce n’est pas une dramatique, O.K., mais comment s’assurer qu’elle n’est pas une simple libre, légèrement amusante, sans plus ? Bonne question.

Je crois que la clé, c’est de la voir comme une « à la manière de » dont la spécificité est déterminée par les joueurs. Tout comme en dramatique – une autre catégorie basée sur le « ton » – on voit vite les joueurs choisir le grand drame, la tranche de vie, le psychodrame, etc., en humoristique, on pourrait, et je dirais même plus que l’on DEVRAIT, choisir un « mode » d’humour et le maintenir tout au long de l’impro.

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Pour expliquer ce qu’on veut dire par ça, voici une liste (qui ne se veut pas exhaustive) de « modes » humoristiques.

  • Blague : La joke toute faite, avec des personnages simples et une punchline en terminale qui peut être un jeu de mot ou revers comique. Utile pour les très courtes impros.
  • Clown/mime : Du cirque à la Comedia del arte à Vaudeville, le jeu charme avec de fortes expressions faciales, des culbutes et autres éléments qui se comprennent sans avoir à saisir le texte. D’autres formes d’humour physique (slapstick, pensez à Mr. Bean, par exemple) sont possibles.
  • Comédie de situation : Le sitcom donc, qui met généralement en scène des situations humoristiques et loufoques au sein d’une même famille, groupe d’amis ou collègues de travail, avec possibilité d’intrigues sentimentales et personnages secondaires ridicules. Le rire en canne peut faire partie du style. L’idée de ramener des personnages « connus » dans une certaine ligue, comme si on suivait une émission, pourrait aussi figurer.
  • Humour absurde : L’exemple évident est Monty Python’s Flying Circus, où l’humour vient d’éléments absurdes comme des personnages qui s’obstinent à savoir si un perroquet vendu dans un pet shop est mort ou vivant, une scène en cours où les avocats se parlent en charade, ou l’Inquisition espagnole dans les temps modernes forcée à utiliser des méthodes de torture plus douces comme des coussins en pluche. L’humour vient du non-sens d’un élément.
  • Imitation : Il faut faire attention à l’inside joke, mais dans une ligue où des joueurs et officiels sont bien connus, il est possible de jouer l’humour complètement sur une caricature de leur personnalité et style de jeu (mais encore, le public s’en fout de leur vie personnelle, il faut s’en tenir à ce qui se dégage du spectacle lui-même).
  • Parodie/Pastiche : On se moque de quelque chose qui existe dans la culture populaire (film, télé, livre, chanson). On parlera de parodie quand on réfère spécifiquement à l’œuvre originale (les chansons de Weird Al Yankovic, par exemple), et de pastiche quand on parodie un ensemble d’œuvres dans un même genre (par exemple, Blazing Saddles, un pastiche des westerns).
  • Satire : Plus intellectuel, la satire se veut une moquerie ironique d’une réalité socio-politique. On met en scène le gouvernement, la culture scolaire, le Noël commercialisé, etc. pour relever ses absurdités intrinsèques.
  • Scatologique : Pipicacafesse. C’est l’humour plus grossier (et plus gross), qui joue sur le choquant, comme toute une tranche de films comiques (Dumb & Dumber, There’s Something About Mary, etc.)
  • Stand-up : Pour un ou deux par équipe, il s’agit de s’adresser au public directement, voire même interagir avec lui, avec du matériel de différents types – observations, histoires drôles, insultes, etc.

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Dans chacun de ces cas, on reconnait un style humoristique spécifique, on sait tout de suite que oui, c’est une façon de faire de « l’humour », et on ajoute une touche de variété à la catégorie qui lui donne une certaine distance par rapport à la libre. Et quelque part là-dedans, on retrouvera la bonne vieille méthode de faire des humoristiques, le cabotinage obligatoire, certes, mais pour ceux et celles qui ne sont pas très cabotins, pour qui ce genre de « triche » ne vient pas facilement, d’autres styles sont définitivement disponibles.

Les arbitres trop souvent semblent se retrouver à évaluer l’humoristique, à savoir si elle a été assez drôle. Mais ce n’est pas « Catégorie drôle » ou même « Catégorie comique », des adjectifs qui invitent la subjectivité et les goûts particuliers de l’arbitre. Changeons le focus. Est-ce que l’improvisation était dans le « mode humoristique » ? En d’autres mots, est-ce qu’on a respecté une « manière » développée pour créer un effet humoristique ? C’est plus facile et plus juste pour les arbitres et juges d’y penser ainsi, et notre spectacle sera plus sain, intéressant et varié si on se donne cette latitude.

En fait, la même chose est vraie pour le mode « dramatique ». Article à l’appui à venir…

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