C’est qui le vrai moteur de l’impro ?

Par Michel M. Albert

Je livre tous mes secrets sur le blogue, fidèles lecteurs et lectrices, et un de ceux-ci c’est comment paraître comme si vous êtes le moteur principal de l’improvisation malgré le fait que vous êtes entré sans idée.

Parce qu’on a tous été là. Pas vraiment d’idée au caucus, on se lance dans l’arène prêt à suivre l’idée du joueur adverse, et quand vient le temps du vote, bien évidemment, l’autre aura paru plus « leader », plus « constructif », et aura peut-être la plus large part du crédit pour le succès de l’improvisation.

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Bien sûr, certains joueurs sont très « réactifs » et sont experts à commenter sur l’action, à « backpuncher » comme on dit, et vont chercher la faveur du public tout en laissant l’autre personne amener l’idée et construire. Mais voici un conseil pour le reste de nous, pauvres improvisateurs.

Et ce n’est pas sorcier, vous verrez.

Pas d’idée ? Ne laissez-le pas paraître. Vous vous avancez dans l’arène et prenez place, déjà dans une position, AVANT que le joueur de l’autre équipe ne le fasse. Ça veut dire reconnaître que vous n’avez pas d’idée et qu’aucune idée ne surviendra non plus, quelques secondes avant le sifflet. L’autre joueur est investi dans son caucus productif et ne s’aperçoit même pas que vous êtes déjà en scène.

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Vous n’avez rien, mais l’illusion est que vous avez une bonne idée solide, et que vous êtes impatient de la mettre en scène. Le public vous voit déjà prêt. Le joueur adverse se retourne et vous trouve déjà « en action ». Effet sur ce dernier : Premièrement, sa confiance est ébranlée. Est-ce qu’il pourra faire son idée vu que vous en avez apparemment déjà une ? Son approche sera plus fébrile, il tentera un compromis, amènera son idée mais avec une ouverture à la vôtre.
Au lieu de vous faire « bulldozer » par l’idée de l’autre joueur, il est plus apte à vous traiter comme s’il demandait une permission. Pas « voici l’idée », mais « est-ce que cette idée est bonne pour toi ? ». Vous embarquez, bien évidemment, vous n’avez rien d’autre, mais vous devenez partenaire égal dans la construction initiale de l’impro. Pour le public, l’autre joueur ne gagne pas un « avantage » et vu que vous étiez en position le premier, peut-être que c’était votre idée après tout. Au vote 3-4 minutes plus tard, les détails deviennent flous.

Mais hormis le côté pointage (on s’en balance, après tout), ce qu’on réussit à faire, c’est une impro plus pure et plus vraie. Pas une idée imposée par un côté, mais une collaboration étroite entre les deux joueurs. Tout ça parce que vous avez fait semblant que vous étiez en contrôle, que vous aviez une idée, que vous n’aviez pas vraiment besoin de « suivre », mais avez choisi de le faire par générosité.

Et l’impro, qu’est-ce que c’est si ce n’est pas « faire semblant » ?

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

 

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