Le « Mindkiller » : Jouer avec un esprit saint

Par Michel M. Albert

Le « Mindkiller » est une expression empruntée du roman de science-fiction de Frank Herbert, Dune, où la peur est le Mindkiller. Dans le roman, la leçon de vie à laquelle le protagoniste revient souvent, c’est que la peur est la chose qui retient les gens de réussir, d’atteindre leur plein potentiel.

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En impro, ce que j’appelle le Mindkiller, c’est toute chose que le joueur amène avec lui dans l’arène qui n’est pas pertinent au jeu, mais qui bloque ou limite le joueur dans son spectacle. Exemples :

  • Se trouver rouillé.
  • Se trouver moins bon ou moins expérimenté qu’un autre joueur ; se sentir intimidé.
  • Pas un gros public.
  • Un trop gros public.
  • Jamais joué avec l’équipe qu’on est dedans.
  • Conflit personnel avec un autre participant.
  • Problèmes personnels non reliés à l’improvisation, etc.

Tout ça, c’est le Mindkiller. Parce que est-ce que ça t’aides à mieux jouer ? Non. Est-ce que c’est une raison pour donner un moins bon spectacle ? Non. Pour laisser tomber ton équipe ? Non plus.

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Le Mindkiller, c’est une EXCUSE pour ne pas jouer à sa pleine capacité. Pour ne pas se forcer. Pour ne pas essayer. Et si on accepte que l’on a une responsabilité envers notre équipe (qui a besoin de nous) et envers notre public (qui s’est déplacé pour voir un spectacle), il n’y a pas de bonne raison pour se comportement.

L’impro, c’est un jeu qui se passe dans la tête. C’est du mental à son plus pur. Ça prend tout son cerveau pour jouer. Pourquoi voudriez-vous donc accorder de l’espace au Mindkiller et limiter votre capacité de jouer ? Parce qu’une anxiété, un problème, une PEUR, ça prend de la place. Souvent, pas mal de place. La place qui devrait être réservée à tes idées et tes réflexes d’impro. Pendant qu’on se concentre sur le Mindkiller, on n’est pas en train de se donner plein accès à ce qui compte pour donner un spectacle.

En d’autres mots, croire que quelque chose nous empêche de bien jouer nous empêche de bien jouer. C’est la CROYANCE qui fait ça, pas la chose elle-même.

Mon conseil est simple : Tout ça, c’est pas important. Juste JOUE. T’es là pour jouer, JOUE.

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Le joueur doit donc s’entrainer à faire fi du Mindkiller, de le laisser à la maison ou en coulisses. Pendant la durée d’un match, ça n’existe pas ces pensées-là. Le joueur ne peut pas leur accorder un seul moment. Pas pendant une impro, pas pendant un caucus, pas sur le banc. Pour le temps d’un match, il est JOUEUR D’IMPRO. Qu’il joue régulièrement ou qu’occasionnellement. Qu’il soit fatigué ou frais et dispos. Qu’il joue devant 500 personnes ou une seule. Il n’y a pas de différence. Il se donne au jeu et uniquement au jeu. Le reste est derrière une cloison mentale, inaccessible jusqu’à ce que la vie reprenne son cours, après.

Ça peut sonner abstrait et difficile, mais je l’ai vu en pratique – et MIS en pratique – et c’est plus facile que vous ne le croyez, et surtout, ça marche. Quand vous me dites « moi, je ne peux pas faire ça », je n’entends que le Mindkiller dans votre voix. Mais je vous demande, pourquoi le laissez-vous parler à votre place ? Il n’apporte rien de positif au jeu. Bon Dieu, pourquoi a-t-il été invité au match ?!

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