C’est quoi ton nom?

Par Isabel Goguen

Pendant un atelier auquel j’ai participé quand j’étais au secondaire livré par la Ligue d’Improvisation Acadienne (LIA), Bass Levesque m’a fait réaliser à quel point j’hésitais chaque fois que je devais nommer mon personnage ou celui d’un autre joueur. Tout au long de cet atelier-là, il me pointait aléatoirement et me demandait : « C’est quoi ton nom ? » Je devais à tous moments être prête à répondre un nom différent.

13925909_1083785408362589_7142363796627305780_o

C’est quoi ton nom ? Mon nom c’est Isabel. C’est un réflexe que beaucoup de joueurs ont au moment critique de nommer un personnage : Simplement utiliser les vrais noms de tous. Aucune hésitation nécessaire ; tout est facilement réglé ! Le joueur s’appelle Patrick, son personnage s’appelle Patrick. Bien que ça peut être intéressant, notamment lors d’impros à saveur méta-textuelles, je trouve que comme public, l’usage de vrais noms me sort automatiquement de l’impro en court. En improvisation, tout repose sur la suspension de l’incrédulité. Sans costumes, sans décors, il faut faire croire à un public que nous sommes des cowboys dans un saloon. Faire référence aux vrais noms brise cette illusion délicate, nous ramenant non seulement au joueur #6 des Rouges, mais plus loin que ça, à la vraie personne qui existe sous le chandail de hockey, i.e. à Patrick. J’ose dire qu’il est possible que ceci ferme des portes au niveau de l’histoire. Est-ce qu’on se sent aussi libre de faire n’importe quoi, dire n’importe quoi en utilisant son propre nom ? On dirait que tout est soudainement plus personnel, intime, attribué à soi-même, awkward. Dans le meilleur des cas, ça nous rend susceptibles à des inside jokes. Donc, comme mon père à tout le temps dit : « Use pas ton vrai nom. »

13907163_1083740728367057_1507638290136817591_n

C’est quoi ton nom ? Mon nom c’est Orniphoringue. Lançons-nous de l’autre côté du spectre ! On peut ajouter une touche intéressante ou mémorable à une impro en utilisant un nom comique ou peu commun. Peut-être que ça nous situe dans le temps si tout le monde s’appelle Léonice et Azelda ; peut-être que ça nous donne une idée de la planète que l’on visite si tout le monde s’appelle Beta Chèvre 6-Pomme. Toutefois, il faut s’assurer qu’on n’est pas en train de se tendre un piège. L’affaire avec des noms compliqués, c’est qu’ils sont compliqués. C’est facile de les oublier ou faire des erreurs en cours de route. Azelda devient Azeldine, Beta Chèvre 6-Pomme devient… « Hey toi ! » Les noms peuvent agirent comme des punchs autant que de sources d’information du moins qu’ils ne poussent pas vers le cabotinage ou le déraillement d’une histoire. On veut contribuer à la construction et à l’univers et non se donner des obstacles inutiles.

13906839_1083740871700376_7177765236175512472_n

C’est quoi ton nom ? Mon nom c’est Ginette. Combien de personnages dans l’univers de l’improvisation s’appellent Ginette, Robert, Roger, Gertrude ? Trop. Tellement que c’est pratiquement un nouveau synonyme pour un humain. Avoir recours constamment aux mêmes noms, surtout pendant un même match, nous pousse rapidement vers un cliché personnel, de ligue ou de réseau. En plus d’ouvrir la porte aux inside jokes, la répétition des noms peut fatiguer ou faire décrocher un public, surtout les gens dans la salle qui s’appellent Ginette, Robert, Roger et Gertrude. On veut voir de la créativité, de la nouveauté ! Essayons de nouveaux noms !

Donc, c’est quoi ton nom ?

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s