Racisme, sexisme, homophobie

Par Michel M. Albert

Dans le monde ouvert à la diversité qu’est le nôtre, une caricature qui se veut un raccourci vers la création d’un personnage peut devenir de mauvais goût, voire même terriblement offensante.

Et c’est quelque chose qui n’arrive pas souvent en improvisation, mais qui arrive quand même. Le joueur est d’ailleurs rarement conscient que son approche à un personnage minoritaire causera malaise. Peut-être imite-t-il l’humour de sa parenté moins conscientisée aux enjeux des minorités, ou alors des films ou émissions de télé qui jouent avec cette branche du mauvais goût. Peut-être s’appuie-t-il sur l’impression que personne dans le public ne fait partie de la minorité en question (oubliant que ces gens dans les sièges ont des relations avec d’autres gens qui sont ailleurs). Ou ça peut être complètement accidentel ; pour se créer un personnage rapidement, on se donne un accent qui, on le découvre assez rapidement, est perçu comme raciste.

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Quelques exemples pour montrer de quoi je parle :

  • L’accent haïtien calqué du vigile du bateau de pirates dans Astérix collé à n’importe quel personnage « d’Afrique ».
  • Le personnage gai présenté comme une « grande folle » au poignet cassé.
  • Le personnage macho qui appelle toute les filles « bebée » et leur donne des rôles de servantes (donc un sexisme imposé sur un autre joueur).
  • Jouer un asiatique en se tirant sur les paupières pour se donner des yeux en amande.

Est-ce qu’il s’agit là nécessairement de mauvais goût ? Est-ce que ce sont des éléments qui peuvent fonctionner dans une impro ? La question est complexe, parce qu’un très bon joueur peut certainement les faire passer, avec un certain contexte (évidemment satirique, par exemple). Well, peut-être pas le dernier exemple.

Vous me direz que l’humour, c’est foncièrement cruel, et que tout est permis. Je ne suis pas nécessairement en désaccord avec le concept, encore faut-il que ce soit BIEN FAIT. Il y a des exemples où ces choses-là peuvent bien marcher :

  • Le joueur fait partie de la minorité en question. On a toujours le droit de s’approprier des clichés de sa propre minorité et d’aller plus loin dans cette forme d’humour que la personne qui fait partie de la majorité opposée.
  • Se moquer d’une majorité. Alors là, pas de problème. On peut être dur sur les hommes blancs hétérosexuels qui s’identifient à leur propre sexe.
  • Le contexte de l’impro rend clair que l’élément raciste, sexiste, homophobe, etc. est une mauvaise chose que le joueur ne croit pas vraiment, soit par l’entremise d’ironie, d’une leçon morale, ou autre mécanisme. Une telle impro peut se présenter comme un moment évidemment absurde, ou une scène faite pour choquer et créer un malaise. C’est le malaise accidentel qu’on veut éviter.

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Dans ce dernier exemple, on parle de techniques d’improvisation avancées. Ce ne sont pas tous les joueurs qui vont réussir à faire passer l’élément, et même ceux qui en sont capables vont probablement faillir la moitié du temps.

Tout ça pour dire que ce sont des choses à décourager, surtout si elles sont faites inconsciemment. Décider de faire une improvisation qui peut choquer, c’est une chose. Se lancer dans l’arène avec une caricature asiatique et utiliser des mots comme « chin-tuk » sans réaliser que c’est offensant, c’en est une autre. Le joueur d’improvisation a une obligation morale à son public et à la réputation du théâtre instantané de représenter les minorités et leurs enjeux avec doigté et respect. Même si aucun membre de ladite minorité n’est dans le public (ou en jeu), notre spectacle forme des esprits. Le spectateur non-conscientisé voit une caricature raciste et pense que c’est correct. Il voit une joueuse se faire traiter comme membre d’une sous-classe, et affirme sa propre misogynie. J’exagère ? Oui et non. Ce n’est pas le simple spectacle d’impro qui changera quelqu’un à la négative, mais cela ajoute à une culture négative contre laquelle on devrait lutter.

Et puis, en faisant preuve de mauvais goût rétrograde, on se retrouve souvent en retard sur le public. Ce malaise que l’on sent, c’est un public déjà mieux conscientisé qui se sent mal d’être là, et qui a envie de huer. Là, on est dans le mauvais goût, et on risque d’insulter un public qui refusera ensuite de voter pour nous pour le reste du match. J’ai vu des joueurs universitaires se planter au national avec des commentaires mal pensés de la sorte et ne jamais s’en remettre. Ça arrive.

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Quand l’impro demande un personnage d’une autre ethnie ou identité/orientation sexuelle que la nôtre, pourquoi pas le représenter comme une simple personne d’abord ? Quelqu’un peut être noir sans avoir d’accent. Une femme incarnée par un joueur masculin n’a pas besoin d’une voix haute et grinçante. Le public va comprendre que cette improvisation qui se passe au Japon est traduite et que les personnages sont bel et bien Japonais sans qu’on fasse des grimaces. Encore faut-il que vous fassiez la différence entre les cultures japonaises, chinoises, vietnamiennes, etc. Parce ce que ça, c’est un autre problème qui fait sembler les improvisations racistes.

Votre personnage africain qui ne semble venir d’aucun pays et qui ne connait rien de ses propres coutumes, c’est vous en « black face » ça aussi, même si vous ne faites pas d’accent extrême. Il y a toutes sortes de manques de respect, et adopter une ethnie de laquelle on ne sait rien, c’en est une. C’est dire que « sont tous pareil, ces gens-là ».

Donc avant de faire un tel choix – parce que c’est un choix – posez-vous la question à savoir si c’est respectueux comme personnage, comme situation, comme attitude. Respectueux dans le sens large. Respectueux de l’image des gens qui sont dans la salle et ailleurs dans le monde. Et quand vous jouez « l’autre », donnez-lui le respect que toute personne mérite.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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8 réflexions sur “Racisme, sexisme, homophobie

  1. Il faut dire aussi que c’est quelque chose qui a évolué assez rapidement dans les dernières années…
    On n’a qu’à se tourner vers les années 80 et 90 et des stéréotypes du genre, il y en avait plein en humour, en télévision (un gai joué en grande fo-folle ou encore un noir qui pawle sans les « r ».

    Là où je pense que c’est à propos, c’est justement quand on pratique un style de jeu qui est caricatural. Autant certains recherchent la vérité, ce fameux pilier, autant certains peuvent rechercher la vérité dans la caricature (on est rendu a un 2e niveau), et moi je trouve cela intéressant.

    Des gens gai, par exemple, j’en connais très peu qui correspondent à la carricature que la société en a fait en humour. Pourtant, quand c’est bien joué, on s’en fout un peu que c’est tellement loin de la réalité, car c’est justement ce qui est drole : c’est une carricature. C’est une fausse représentation. Ainsi, un personnage de fo-folle, ne voudra pas représenter quelqu’un de gai, mais bien une carricature de l’idée préconcue que la société a envers cette minorité…. C’est peut-être ce que tu expliques quand tu parles « d’improvisation avancée »…

    Je trouve que, dans un univers absurde et carricatural, ça peut être drole et ça peut avoir sa place.

    Par contre, être raciste, misogyne ou peu importe dans une improvisation qui n’est pas de ce style, c’est certain que c’est non seulement pas drole du tout, mais également déplacé…

    Je crois qu’on peut rire de tout, et moi, je ne fais pas vraiment de différence entre rire de la majorité ou de la minorité, je pense que tout le monde à le droit égal de faire rire d’eux… Sauf que, personnellement, c’est certain qu’il y a peut-être des sujets qui sont plus tabous, ça appartient à chaque joueur (par exemple, moi, je trouve ça déplacé quand un improvisateur fait des blagues sur des vieux qui oublient tout « je ne trouve plus mes clefs, où est mon dentier, qui es-tu ? » mais c’est surement parce que j’ai eu proches qui ont eu la maladie d’Alzheimer que je trouve cela moins drôle. D’autres diront que, justement, c’est une réalité et il faut peindre toutes les réalités possibles dans l’univers de l’impro).

    Mais ça explique que certaines choses peuvent choquer des gens et d’autres non.
    Pour moi, parler avec un gros accent latino pour caricaturer un gino espagnol, je ne trouve pas cela déplacé du tout… ça me choque ben plus que tu ris d’un enfant malade, par exemple… je ne sais pas…

    Mais c’est certain que ça dépend du niveau de jeu, de la ligue, du joueur etc.

    Je suis comme divisé sur le sujet on dirait… Comme sur beaucoup de choses j’imagine ! Je pense que (sans mauvais jeu de mot), tout n’est pas noir ou blanc !

  2. C’est une corde raide. Je ne pense pas que la caricature en excuse une qui est négative ou qui renforce des stéréotypes négatifs. Du mauvais goût, c’est du mauvais goût, et seulement l’extrêmement bon joueur pourra réussir ce dont tu parles, et seulement une partie du temps.

    C’est aussi dans le contexte. Est-ce que l’impro est à propos de créer un malaise spécifique? Ou est-ce que l’on voit là un personnage qui dérange à l’inverse de ce que l’impro demande ou ce qui est acceptable dans le moment? La différence se joue là.

    Peut-être me trouve tu sainte-nitouche, mais le texte n’est pas né de mon sens du « politically correct ». Plutôt de douzaines d’expériences d’impro où je confirme que le public, averti et moins averti, a hué, a trouvé désagréable, a voté contre.

  3. C’est comme faire un joueur de hockey dans une impro, et faire un personnage qui n’est pas très habile avec la langue, qui parle de femmes pis d’affaires machos… (Un peu comme le personnage de hockeyeur de l’humoriste québécois Patrice Lemieux) On le sait tous que c’est un stéréotype et qu’il existe plein de joueurs de hockey intelligents, qui s’expriment bien et qui ont une multitude d’autres hobby que parler de leurs « chicks ».

    Sauf que le public aime ça, parce que, justement, c’est tellement gras, c’est tellement caricatural, exagéré, que s’en est niaiseux.

    Je pense que ce qui est dangereux, c’est ce qui est « entre deux », quelqu’un qui essaye de faire une vraie imitation d’une ethnie, par exemple, mais qui tombe justement dans le facile, mais sans y aller à fond… Là ça devient risible…

    Je ne te trouve pas sainte-nitouche, la réflexion est importante et c’est certainement une chose qu’on ne veut pas voir dans l’arène (on se souviendra du malaise à la LISSE cette saison, pour justement une blague sur les personnes de couleur) et je suis 100% avec toi sur le fait que ça n’a pas sa place…

    Disons que dans l’improvisation, on veut représenter une personne du Royaume-Uni, par exemple, serais-ce inapproprié de faire un accent breton (comme les bretons dans Astérix, par exemple, vu qu’on parle d’Astérix, qui est rempli de caricatures sociales) et de leur faire aimé le thé? Moi je trouve ça acceptable dans une arène. Beaucoup plus qu’un personnage canadien qui dit « les maudits anglais je les hais », là, ça devient méchant…

    Mais c’est une question de perception… Le racisme, sexisme et l’homophobie, on en veut pas. Jamais. Zéro. À 100%. Mais une caricature est-elle nécessairement raciste, sexiste ou homophobe?

    ça dépend de qui-quoi-où-quand-comment…

    C’est certain que si tu entres dans une improvisation sans avertir, que tu prends un accent haitien et que tu me dis « wegawde la wiviève » en faisant des mouvements de signe, tu vas m’indigner pis comme public je vais trouver ça de mauvais gout et déplacer…

    Si tu prends ton chandail, que tu en fais un turbant et que tu entres dans une impro où il y a un avion pour faire une tentative d’attaque terroriste, je peux comprendre comment carricatural que c’est ( la carricature que tous les arabes sont des terroristes, ce qui est bien sur ultra-faux), mais ça peut apporter un élément drôle à l’impro, comme, justement, le public va se dire : « un arabe terroriste, c’est tellement un cliché classique que ça ne se peut pas que le joueur ait fait ça, ha-ha-ha…)

    J’imagine que ça dépend de c’est quoi…

  4. Mauvais exemple. Un joueur de hockey n’est aucunement une classe de personne qui subit de la discrimination comme ce serait le cas avec une personne noire, une personne gaie, une personne avec un handicap. Il ne faut pas confondre. L’article parle de racisme, sexisme et homophobie, et comment une oeuvre de fiction (dont une impro) peut contribuer à la stigmatisation de gens qui sont traditionnellement stigmatisés et qui par conséquent, ne connaissent pas les même privilèges pris pour acquis que l’homme blanc hétérosexuel.

    Même chose, le Breton de l’Antiquité, pas une ethnie que l’on reconnait aujourd’hui, et disons que l,Empire Britannique ne compte pas comme une ethnie stigmatisée (plutot stigmatisante).

    La caricature peut être méchante et elle peut être inoffensive. Mais le « méchant » de la chose n’est pas nécessairement fait par malice. Une méchanceté naïve, fait par ignorance, peut être endommageante. Exemple: Mon grand-père sénile qui utilise le N-word pcq il sait pas mieux. C’est quand même d’un racisme embarassant et je ne veux pas ça dans mon spectacle. Je le tolère à peine au réveillon. (Ce n’est pas un exemple véridique.)

    Ton exemple de terroriste musulman frole le mauvais gout de nos jours. La société évolue, et la ligne de l’acceptable change de place avec. Je ne suis pas certain que j’accepterais une telle caricature, pas pcq elle est cliché, mais pcq elle est endommageante à une population stigmatisée qui vie dans notre société.

  5. Mon exemple de hockey, c’était un stéréotype pour un stéréotype, même si je comprends que ce n’est pas la même chose exactement… ça reste de rire d’un pourcentage ciblé de la population.

    La ligne de ce qui est acceptable ou pas, drôle ou pas est différente pour tous j’imagine.
    C’est comme dans l’affaire de Mike Ward c. Jérémie Gabriel, peut-on rire d’un enfant handicapé et lui souhaiter la mort? Certains disent oui, d’autres non.

    Donc, si je comprends bien, on pourrait faire un blanc qui hi-jack un avion, ou ridiculiser une ethnie qu’on ne reconnait plus aujourd’hui (genre rire des romains), mais on ne pourrait pas le faire pour des arabes parce que, justement, c’est un stéréotype? Ainsi, en excluant uniquement ceux pour qui c’est un stéréotype racisme, on ne fait pas que les stigmatiser davantage? Il me semble que, justement, tous peuvent hi-jacker un avion, arabes compris… Ils ont autant le droit de le faire qu’un blanc…

    MAIIIIIS : Je ne veux pas entrer dans un débat non plus avec toi, car je suis à 95% d’accord avec ce que tu dis (et je sais que tu aimes bien que trop débattre sur Internet haha, je préfère de loin te donner raison Michel 😀

    Mais on est d’accord : les propos ou imitations douteuses n’ont pas leur place dans l’arène.

    • Je ne suis pas certain ce que tu ne comprends pas ou pourquoi tu joues à la sémantique en utilisant de groupes qui ne sont pas stigmatisés. Les millionnaires sont dans la minorité mathématique mais on s’en fout. On s’entend qu’il y a des groupes qui vivent des défis quant à leur ethnie, religion ou identité sexuelle. Qu’une fausse représentation peut causer un dommage au sous-groupe en entier en faisant la promotion de fausses croyances. En tant que créateurs de spectacle, nous avons effectivement une responsabilité sociale pour que ces populations qui – non comme les Romains – sont nos voisins, les membres de notre public, nos prochains joueurs et officiels. On reconnait ce qui est inapproprié quand ont le voit. Je fais appel aux joueurs de le reconnaitre avant que ça se rend dans l’arène.

  6. Je vais essayer d’expliquer le plus simple possible un petite règle d’humour. Alors, oui, c’est vrai, il y a aucune sujet taboo, mais il y a certainement des meilleures façons d’approcher le sujet que d’autre. Ce que vous debater semble à être la règle de «Punching-Down » versus « Punching-Up ». La règle est simple, assure toi de punché-up et non de punché-down. Mais comme toute regle d’humour et impro, il y a des nuance.

    Punché-down est de faire des blagues à propos des minorités.
    Punché-up est de faire des blagues envers les institutions qui enforcie la discrimination.

    Entre d’autre mots; c’est la différence entre ce moquer du bully et ce moquer de quelqu’un qui ce fait bullyer.

    Quand tu fais une caricature (une caricature gay pour exemple) il faut penser; c’est pour qui cette blague? Si une de tes réponse est «pour les homophobes de ce monde » peut être change ton intention. Il y a une centaine d’autre manière à faire des blagues sur la culture homosexuelle qui ne sont pas offensif.

    A la fin de la journée, un bully c’est un bully. Même si tu le fait « ironiquement » sa tombe mal sur certaine personne. Essaye d’avoir de l’empathie de temps en temps et pense c’est pour qui cette blague/caricature?

    • Je veux aussi ajouter que le terme offensif est peut-être trop extrême comme mot pour plusieurs personnes. On a toute une grande crainte de ce faire appeler racistes/homophobe/sexistes dans notre société. Je comprends que être offensif n’est pas l’intention quand on fait des petites blague de ce genre, mais l’intention d’une blague n’est pas toujours assez, il peut quand même avoir des conséquences. Si tu frappe quelqu’un avec ton char, dire que ce n’était pas ton « intention » de le faire ne t’enlève pas de la responsabilité.

      Le problème avec cette discussion est que personne veut être le « villain » et je comprends pourquoi. On ce pense toute comme des « bonne » personne et c’est un peu inquiétant quand quelqu’un insinue que tes blague serait peut-être sexistes. Soudainement un trait d’une « mauvaise » personne c’est placé sur toi même! Moi je suis une « bonne » personne, no way que je ferais des juste sexistes/racistes! I’m one of the good guys! C’est aussi pourquoi moi j’admets personnellement d’avoir faite des blagues d’homophobie/sexistes/racistes durant ma carrière d’impro. On a probablement tout faite en quelque temps! Mais j’espère que j’ai maturé assez pour ne pas refaire des blagues du genre.

      En bref, une blague c’est un contrat social qui dit «dans notre group c’est correct de faire des blagues de ce genre ». Et même si la blague ne vient pas d’un coté mauvais avec aucune intention de choquer il faut comprendre que parfois participer à la normalisation de l’homophobie est aussi pire que l’être.

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