D’une punition à l’autre

Par Elyse Hamel

La politique étrangère américaine peut être comprise comme un pendule, qui oscille d’un extrême à l’autre. D’un côté, on a l’interventionnisme (imposer ses idées et ses valeurs aux autres et intervenir dans leur politique nationale), et d’un autre, l’isolationnisme (se mêler de ses affaires au point d’ignorer ce qui se passe autour de nous). Si on va trop loin dans une des approches, on est automatiquement poussé à se retirer vers l’autre.

Pourquoi je vous parler de ça ? D’abord parce que c’est mon domaine d’étude et que je n’ai pas dépensé 7 ans de frais de scolarité pour rien. Mais ensuite (et surtout), c’est parce qu’en tant qu’arbitre, on remarque souvent le même phénomène en improvisation. Souvent, après un tournoi, on se recueille et on peut identifier LA punition du tournoi, le défi que les équipes ont eu le plus de difficulté à relever. Comme la politique étrangère américaine, il y a deux extrêmes qui reviennent souvent : le statisme et la rudesse.

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C’est une fine ligne à naviguer en improvisation que l’équilibre entre ces deux tendances. D’un côté, on a peur de brusquer l’autre alors on finit par ne pas avancer. Statisme. D’un autre, on a peur du statisme et on veut avancer trop vite alors on impose trop d’éléments à l’autre. Rudesse. Cette opposition entre la rudesse et le statisme n’est pas nouvelle. D’ailleurs, pour un bon article qui traite de celle-ci, voir Motiver une impro : La lutte entre la rudesse et le statisme.

Ce qu’on remarque en tant qu’officiel, c’est qu’il y a une temporalité à l’opposition entre le statisme et la rudesse. Comme un pendule qui bascule dans le temps, on remarque qu’à un tournoi, c’est la rudesse qui prime, alors qu’au prochain, ce sera le statisme qui prendra sa place.

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Je crois qu’une des causes de cet effet, c’est que les joueurs ont souvent le réflexe de jouer pour ne pas être punis. On se souvient de ce qui est arrivé au dernier tournoi (les entraineurs nous le rappellent assez souvent !) et on veut éviter les mêmes erreurs. Alors, on régresse trop, vers l’autre extrême du pendule, et l’on finit par être puni pour d’autres raisons.

Plutôt que de jouer pour ÉVITER les punitions, essayons de jouer pour faire AVANCER l’impro. Si on peut se sortir du mouvement de pendule qui nous tire vers la gauche et vers la droite pour simplement aller de l’avant et MOTIVER l’impro en PROPOSANT des éléments, on peut arriver à se sortir d’un mouvement perpétuel d’aller-retour pour réellement progresser dans notre jeu.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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