L’improverload

Par Olivier Rioux

Cette année, j’ai participé à la Gougoune en tant qu’officiel. Cela m’a permis de voir ce qui se passait en dehors et dans l’arène sous différents angles. La logistique, l’organisation et les problèmes, etc. Ce sont toutes des choses auxquelles je n’avais pas pensé, et il y en a… beaucoup!

Lors de certains matchs, j’ai eu l’occasion de remplir les feuilles de statistiques et j’ai réalisé  quelque chose, et cette chose en particulier est arrivée plusieurs fois durant la fin de semaine, et bien entendu arrive fréquemment en impro à tous les niveaux : Certaines équipes feront entrer leurs joueurs équitablement pendant le match, c’est-à-dire 3-5 improvisations sur 8, tandis que d’autres auront un ou deux joueurs qui en joueront 7-8.

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Lorsqu’une équipe ne fait entrer qu’un ou deux joueurs tout le temps, j’appelle ça une « improverload ».

Une « improverload » c’est quoi? Eh bien c’est :

  1. Quand un joueur entre trop et le public devient fatigué de toujours voir le même visage. Le jeu peut devenir redondant dans cette situation.
  2. Quand un joueur entre trop et cela affecte son jeu dû à la fatigue d’avoir fait environ 7 improvisations sur 8. Dans ce cas-ci, la qualité de jeu offerte par le joueur est affectée.

Les joueurs qui entrent beaucoup sont souvent les joueurs les plus forts de leur équipe, les étoiles si on veut. Personnellement, ça m’agace de toujours voir les mêmes visages durant un match  d’improvisation. Même si le joueur est exceptionnel et qu’il fait des personnages différents dans chaque improvisation, je trouve qu’il dégage la même énergie, il joue de la même façon, seulement avec un masque différent. À la longue, je trouve que le jeu devient répétitif.

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De plus, c’est dommage pour les autres joueurs qui sont sur le banc pendant la durée du match, car ils ne peuvent pas gagner de l’expérience d’arène, créant un cercle vicieux : Les joueurs les plus forts entrent beaucoup plus souvent, car l’équipe veut gagner, ce qui fatigue le public, les fait donc perdre, encourageant ces mêmes étoiles à rentrer encore. Et du même coup, les plus faibles, qui seraient un vent de fraicheur, ne peuvent pas s’améliorer, et donc ne sont jamais appelés à entrer plus.

Pour le bien du joueur, de son équipe et de la qualité du jeu, il serait préférable que les joueurs étoiles s’abstiennent de faire quelques improvisations. Tant qu’à être leader, donnons certaines de nos idées aux autres – on n’a pas besoin de les exécuter soi-même! De cette façon, les plus jeunes joueurs (les étoiles en devenir) gagnent de l’expérience et changent le mal de place, et les vétérans (les étoiles d’aujourd’hui) ne perdent pas leur fraicheur auprès du public.

Cette situation vous est déjà arrivée ? Faites-le nous savoir dans les commentaires!

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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Une réflexion sur “L’improverload

  1. J’aime beaucoup le fait que t’as décidé de parler des conséquences de tous les bords. J’ajouterais même que le joueur qui s’épuise combiné avec la lassitude du public vient à créer un environnement où le public est de moins en moins réceptif à un jeu qui diminue déjà en qualité… Le joueur passe vraiment de travers dans ces moments-là. Duo implosif.

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