Les CIG : l’impro dans la langue de Shakespeare

Par Martin « Dactylo » Savoie

Lors de mon parcours d’improvisateur au secondaire, une question que je me suis régulièrement posée, c’était à savoir s’il existait une Golden Gougoune, une espèce d’équivalent à l’improvisation que je jouais, mais du côté anglophone. Une fois que t’es impliqué dans le jeu et que tu vois les bienfaits sur ta personnalité, tu ne peux t’empêcher de te demander si tout le monde a une chance égale de connaître ce jeu et l’opportunité de croissance personnelle qu’il représente.

Eh bien… Après quelques recherches et discussions, je peux officiellement confirmer que oui, ça existe. Pas exactement ce à quoi on est habitué, mais ça existe.

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Les CIG
Les Canadian Improv Games (CIG) sont un peu l’équivalent anglophone et national d’Impro NB, pour l’expliquer d’une façon simple. Depuis maintenant 40 ans, ils organisent une compétition d’improvisation regroupant plusieurs écoles de partout au Canada. Les équipes sont d’abord regroupées pour des tournois régionaux puis, ensuite, près d’une vingtaine d’équipes (dont une équipe recrue sélectionnée par le biais d’auditions en ligne) convergent vers le Centre des Arts d’Ottawa, hôte du CIG, pour la compétition nationale annuelle.

Le CIG offre aussi des opportunités de continuité au sein même de l’organisme, notamment en s’impliquant au niveau local ainsi qu’à travers le festival Next Act. Cette rencontre annuelle regroupe des improvisateurs âgés de 18 à 25 ans qui prennent part à des formations, ont la chance de performer ainsi que d’assister à des spectacles improvisés donnés par certaines légendes de l’improvisation anglo-canadienne. Cette année, ce rendez-vous pancanadien aura lieu à Winnipeg, du 2 au 6 août.

Les jeunes voulant peaufiner leur art durant l’été ont aussi cette opportunité, notamment à travers deux camps, l’un à Sherbrooke et l’autre à Vancouver.

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Le jeu et le système de points
Du côté francophone, la formule proposée par Robert Gravel est celle à laquelle nous sommes habitués. Au CIG, le format utilisé est plutôt celui des Improvisation Olympics créé par David Shephard.

Le jeu ne varie pas vraiment, mais le format et la façon de juger ce dernier diffère énormément de ce à quoi nous sommes habitués. Au lieu que les points soient attribués par le public et les juges de salle après chacune des impros, les points sont attribués par un jury après chaque ronde. Le jury évalue chaque équipe selon un critère principal, appelé événement (je traduis ici les termes) :

  • L’événement Vie est une improvisation où l’on recherche principalement le réalisme, la vérité.
  • Un début, un milieu et une fin, dans aucun ordre particulier, sera exigé lors de l’événement Histoire. Le public est invité à participer en suggérant un thème.
  • L’événement Personnage a pour attrait principal le développement d’un personnage, son histoire, ses traits de caractères, etc.
  • Lors d’un événement Thématique, une équipe doit explorer un ou plusieurs sujets imposés au cours de son improvisation.
  • L’événement Style est un peu la « À la manière de », où l’équipe est jugée principalement sur sa façon d’aborder un certain style artistique et le respect des grands thèmes de ce dernier.

L’ordre d’évaluation et la sélection des critères retenus par les équipes restent à la discrétion de ces dernières. Une fois la sélection faite, les équipes auront chacune quatre minutes pour improviser sur un thème donné. Chaque juge attribue jusqu’à 60 points à chaque équipe lors de chacune des quatre rondes. Une partie des points est basée sur le jeu dans son ensemble (écoute, participation active, etc.), l’autre est spécifique à l’événement choisi (respect de ce dernier, degré de difficulté, utilisation des suggestions, etc.). Au final, l’équipe ayant obtenue le plus de points sera déclarée vainqueur. Il faut aussi noter que plusieurs équipes (pouvant aller jusqu’à 6) prennent part à une joute d’improvisation.

Voilà, c’est un peu ce à quoi ressemble l’improvisation anglo-canadienne. Je vais vous avouer qu’au début, j’ai presque regretté de m’être donné le défi de vulgariser le tout tellement le système de pointage à lui seul a réussi à me donner une migraine. Par contre, ça m’a permis de faire de belles découvertes sur les ressemblances du jeu, notamment sur l’importance accordée à l’histoire, les personnages, le respect des catégories, l’interprétation à la fois différente et similaire des piliers de l’improvisation, et l’importance du public dans le spectacle global. Ça diffère au niveau de la forme, mais le fond, le cœur de l’improvisation, reste le même.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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