Nos cerveaux sont des éponges

Par Michel M. Albert

Vous savez, l’élément qui revient dans plusieurs impros du même match, ou de multiples fois dans un même tournoi au point de virer au cliché? Qu’est-ce qui cause ça? Les improvisateurs sont-ils si peu originaux?

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Eh bien, un phénomène qu’on remarque en improvisation, c’est celui de la suggestion. L’être humain est assez suggestible, la psychologie l’a prouvé. Si on montre, par exemple, le chiffre 5 à quelqu’un toute la journée sur des affiches et des t-shirts et qu’on le glisse dans des conversations pas rapport, les chances sont bonne que la personne, si on lui demande de nommer un chiffre de 1 à 10, choisira le 5. Mais règle générale, même si quelque chose nous trotte dans la tête, cette chose ne gouverne pas nos actions et décisions conscientes.

Mais vous voyez, une bonne part de l’improvisation est inconsciente. C’est du réflexe. Tout va trop vite pour y penser longuement. Et cette chose qui nous trotte dans la tête a des bonnes chances de s’échapper par notre bouche quand on cherche une idée. Sans le vouloir, bam!, on vient de faire la 8ème impro de vol à main armée du tournoi. S’aurait commencé avec un item sur les nouvelles dont tout le monde parle, puis joué dans une impro, puis une autre, et un moment donné, l’idée qui nous trotte dans la tête n’est même plus l’originale, mais cette thématique qui semble se dégager des impros elles-mêmes.

C’est certain qu’aucun joueur ne veut se répéter, ni plagier ce qu’un autre a fait. Ce n’est pas volontaire.

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Le cerveau est une éponge qui absorbe les idées, les images, l’information de toute sorte comme si elles étaient de l’eau. Et quand on tord l’éponge, l’eau en sort. Toute l’eau, pas seulement les gouttes qu’on aurait choisi. Mais si on utilisait différentes parties de l’éponge pour absorber différents liquides, et qu’on savait comment tordre ces parties pour libérer ces liquides distincts?

La première étape pour enrayer ce phénomène est de réaliser qu’il se produit. Si on s’y attend, on peut mieux trier les idées au caucus et en jeu, et dire « non, ça été fait ça, je fais autre chose ». Et plus on acquiert d’expérience, de vécu, et de vitesse, plus c’est facile de faire ce tri et d’éliminer des choses qui seraient peut-être redondantes.

Après tout, dans un spectacle de variété, on veut éviter de se répéter le plus possible.

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