L’arbitrage, c’est du sport!

Par Michel M. Albert

Si vous êtes improvisateur, vous savez comment c’est déjà difficile de faire respecter l’impro comme discipline « sportive ». Je me souviens très bien d’un appel de jeunesse entre mon père et moi où il a dénigré le fait que je faisais de l’impro en disant, « ce n’est pas un sport, ça ». (Notons qu’au même âge, son sport était le badminton et se faire plaquer contre les bandes au hockey par des gars trois fois sa grosseur. Jugez vous-même si l’impro est pire). Mais bien qu’il y ait une composante verbo-motrice à l’improvisation, on ne peut nier qu’il y a aussi un élément physique, que ça peut être essoufflant, éreintant. Mais les gens de l’extérieur ne voient pas ça comme ça.

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Alors imaginez le respect que L’ARBITRAGE génère quant à ses difficultés physiques! Parlez à n’importe quel arbitre qui sort d’un événement d’impro de longue durée – un improvisathon ou un tournoi – et vous serez en train de parler à quelqu’un d’absolument DÉFAIT.

Arbitrer de l’impro, c’est surtout dur sur les genoux. Les genoux et le dos. Les genoux, le dos, et les pieds. Et les chevilles. Et les cuisses, oh oui les cuisses. Et tout ce qui se passe dans ce coin-là. On passe tout notre temps à s’accroupir, se lever, s’accroupir de nouveau, se relever. On fait plus d’up and down que le monde de Tracadie.

Les experts d’ergonomie vous le diront : Répéter le même geste souvent fatigue les jointures et peut causer des douleurs à ces endroits. Si s’accroupir en position neutre plein de fois chaque match est néfaste, la même chose est vraie de ces toupies que nous faisons à la lecture du thème, de ces arts martiaux auxquels on s’adonne pour donner le point, au lancé de la rondelle qui semble fait pour ajouter à notre carpal tunnel syndrome. On se MAGANE, et vu que ça semble bien simple et passif tout ça, on ne s’en aperçoit que le lendemain.

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Et c’est sans compter les tournois où il faut constamment courir après les équipes pour leur donner leur discussion d’avant-match. Et ces moments où on n’est pas en jeu et qu’on aide les autres arbitres à récupérer des feuilles de statistiques ou rejoindre l’ombudsman pour clarifier une question.

Et que dire de la voix? Les cordes vocales en prennent un coup aussi, et font partie du corps. Projeter, parfois dans des salles où l’acoustique est moins qu’idéale, pour que tout le monde entende le thème, pour que les équipes sentent l’énergie de remporter un point, et parfois oui, pour crier par la tête des joueurs qui ne veulent pas apprendre… Ça a un impact.

Et jouer, c’est souvent l’affaire des jeunes. Arbitrer, l’affaire des plus vieux qui sont, d’avance, moins en forme. Pensez un peu à eux la prochaine fois que vous feriez fi de l’effort physique qui leur est demandé. Arbitrer, c’est pas mal plus demandant que juste s’asseoir dans un coin!

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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5 réflexions sur “L’arbitrage, c’est du sport!

  1. Merci Mike d’avoir donner une voix à mes complaintes des dimanches soirs et SURTOUT des lundis matins!

    Faudrait pas oublier aussi les bleus qu’on peut se faire sur les cuisses quand il faut escalader les bandes souvent bien trop haute pour certains d’entre-nous (Mike n’en aura pas parler comme ce n’est pas un problème pour lui). J’ai des images de mes cuisses après le Zèbre d’Or 2015 après avoir eu à me faufiller dans ces rangées de sièges… C’était terrible!

    Arbitrer, c’est du sport!

  2. J’ai pris ma part de débarques de bande, worry pas. Mais par ma faute. Comme la fois que j’ai monté mon pied sur le top de la bande pour me surlever en demandant le vote, et glissé… Quand t’as une marque de peinture rouge sur le pantalon, pis une marque de sang rouge sous le pantalon…

    Mais c’était moi qui était un idiot…

  3. Les efforts physiques demandés sont une des raisons que j’ai longtemps évité l’arbitrage… Je suis sans doute paresseuse à la base, mais ça reste que c’est essoufflant à la longue de toujours siffler dans un sifflet aussi! Ça prend une bonne capacité pulmonaire pour faire un beau frrruuuuuuuueeeeuuuuurrrrrruuuiiiiit!

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