Ateliers de base : Raconte-moi un film

Par Michel M. Albert

Le blogue trouve important d’offrir des ateliers de base que l’on donne habituellement aux improvisateurs comme ressource aux nouveaux entraîneurs et pédagogues de l’impro. Pour le lecteur plus expérimenté, nous analyserons chaque atelier afin d’identifier quels atouts sont développés par son entremise.

Atelier

Instructions
Il s’agit d’un atelier de caucus pour une équipe (ou plusieurs qui pratiquent en parallèle). Un participant (par équipe) est choisi qui aurait vu un film récemment que les autres n’ont pas vu et qu’il tient en mémoire (ça peut aussi être un roman, un épisode de télé, etc.). Il est possible que le formateur leur ait donné ce « devoir » à un atelier précédent.

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Le participant en question doit ensuite guider le caucus en racontant le film qu’il a vu, dans l’optique que les autres joueurs devront reproduire son histoire, ses personnages, son atmosphère dans une improvisation. Donnez-leur plus que le 20-30 secondes normalement alloué, mais pas plus que 1min30.

Ensuite, les participants jouent l’impro, mais pas celui qui a guidé le caucus. Par la suite, on discute du résultat. Qu’est-ce qui était pareil comme le film original, qu’est-ce qui était différent?

Pourquoi c’est utile
Où est-ce qu’on prend nos idées, en impro? Cet atelier révèle une piste possible.

En effet, tout ce qu’on absorbe comme improvisateur pourrait faire partie d’une improvisation. Ce n’est pas du « plagiat » car le résultat final est complètement différent de la source. Un film de deux heures devient une explication rapide d’une minute et demie, qui devient enfin une improvisation d’en moyenne trois à cinq minutes jouée par des gens qui n’ont même pas vu le film!

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Au-delà de cette leçon, la personne qui guide le caucus apprend à être succinct et efficace à rendre une idée complexe clairement et en peu de temps. Il pourra aussi développer sa capacité de faire le tri de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas. Quelles sont les grandes lignes de l’histoire? Est-ce qu’il y a une scène qui vaut la peine de devenir une improvisation, plutôt que d’essayer de tout rendre de A à Z? Comment est-ce qu’on explique un style intéressant, des séquences non-chronologiques, ou une atmosphère particulière dans un caucus? Les participants développent un vocabulaire commun qui les aidera à bien communiquer en caucus.

Et le but de la rétroaction à la fin est de voir qu’est-ce qui a été retenu du caucus. Quels éléments n’ont pas été utiles en bout du compte, et sur lesquels a-t-on mis l’emphase? Comment est-ce que la source a été changée à travers l’exercice? En aucun cas les participants devraient se reprocher le fait que le film n’a pas été rendu « comme il faut ». C’est après tout le but de l’exercice que de créer quelque chose de nouveau et d’unique que le public ne reconnaitra pas comme étant la source originale.

Comme effet secondaire, notons que les participants sont encouragés à développer leur culture personnelle à travers des œuvres de fiction que tout le monde n’a pas vues. Qui sait, peut-être prendront-ils goût à cette diète?

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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