Une discussion avec un Jazz man

Par Bass Levesque

J’ai eu la chance de parler longuement avec un Jazz man dernièrement.

Ok, ce n’était pas une chance, c’était du travail.

Faire des entrevues est une des tâches qui rendent mon travail enrichissant et diversifié. On a une opportunité incroyable de discuter profondément avec des personnes fantastiques.

J’ai parlé avec un Jazz man qui est connu comme un des meilleurs hommes de musique au Nouveau-Brunswick, et j’irais plus loin en disant au Canada : Marc « Chops » Arsenault. Nous avons parlé longuement de musique, du Frye Jam – un événement convoité du Festival Frye où des auteurs ont livré des textes écrits sur la musique jouée live des Païens, son groupe Jazz éclectique et parfois expérimental – et nous avons parlé… d’improvisation.

Vous remarquerez que parler d’improvisation, qu’elle soit musicale, théâtrale, ou même sportive, c’est toujours à propos de l’écoute, de l’ouverture, et de jouer en équipe.

Je vous offre un résumé, un peu paraphrasé, mais très près de l’intégrale de la discussion qui a duré 26 minutes. Allons-y donc!

Chops

Photo gracieuseté L.P. Chiasson Photography

Bass – Comment on se prépare pour accompagner un auteur, qui n’a peut-être jamais fait de performances live, avec de la musique pour un texte qu’il a écrit?

Chops – On lit le texte, pis l’auteur vient le lire avec nous autres à la répétition, pis ensuite on présente.

Bass – Une répétition pis c’est Go! Vas-y?

Chops – Oui (rire) c’est certain que ça sonne comme pas beaucoup. Mais après la répétition les auteurs sont confortables. On n’a pas besoin de plus. C’est certain que ça fait plus que 20 ans qu’on est ensemble les Païens, on est rendu bon à s’écouter et écouter les auteurs.

Bass – C’est toute dans l’écoute?

Chops – Oui. C’est vraiment toute l’écoute. L’écoute pis être prêt à embarquer dans ce que l’autre suggère pis même des fois prendre le lead toi-même.

Bass – Tu viens de résumer la base de l’improvisation.

Chops – Oui, hein? J’ai fait de l’improvisation quand j’étais au secondaire pis à l’université. J’étais pas bon, mais ça développé plein de choses. Comme l’écoute pis le goût de jouer avec de la créativité. Tu sais, des fois on faisait des choses qui étaient folles, pis ça n’allait nulle part, mais on s’amusait.

Bass – Mais maintenant, tu ne fais pas d’improvisation théâtrale, mais tu fais de l’improvisation musicale. Les Païens sont connus comme des explorateurs. Vous avez toujours du fun à inventer ensemble?

Chops – Oh oui. Plus on maitrise notre instrument, plus on s’amuse. On le fait un peu moins souvent, juste les Païens. On fait aussi de la musique avec les Improbables, tous les vendredis, et ça c’est vraiment cool aussi. Parce qu’on a du nouveau monde qui vient jouer avec nous autres, pis ça nous donne des défis différents, ça nous fait groover de façon différente. Toutes les fois qu’il y a quelqu’un de nouveau, on explore quelque chose de cool. C’est vraiment fun. On maitrise notre instrument, ça devient facile de s’écouter à ce moment-là.

C’est vrai aussi pour les gens qui jouent au hockey. Tu vois un beau jeu, des belles passes, des joueurs exactement où ils devraient être pour faire un but. C’est la même chose. Ils s’écoutent, ils voient où le jeu s’en va, pis des fois ça fait des performances incroyables. Pis ça compte des buts.

Bass – Ton instrument c’est la base, t’as-tu toujours voulu être un kickass bass player?

Chops – Hahah non, j’pensais pas que c’est ça qui allait arriver. Au début, j’étais vraiment pas bon. On voulait jouer des covers de chansons populaires, pis j’étais pas capable. Ça me frustrait pis là je commençais à improviser (rires). Mais après un bout, on avait tellement de fun à improviser avec les instruments, qu’on a juste continué à faire ça. On s’est beaucoup pratiqué, pis on se mettait au défi. J’ai beaucoup plus appris en improvisant, c’était le challenge qu’y me fallait pour jouer, je pense. Tu sais, on s’est aperçu qu’on était en train d’inventer des chansons. On était stimulé par la création. Ça sortait de nous autres, c’était original. J’ai rien contre le monde qui joue des covers, mais c’était juste pas ma groove. Nous autres [les Païens] on aimait créer.

Bass – Vous avez trouvé la création dans l’improvisation?

Chops – Oui, absolument. On s’écoute, on propose des choses, on essaye, des fois ça marche, des fois ça marche pas. Mais on s’attarde pas sur les choses qui marchent pas, pis on continue à créer sur les choses qui marchent. Tout part de s’écouter, se faire confiance, jouer ensemble pis s’amuser.

Bass – La grosse question… Après plus de 20 ans à jouer professionnellement, es-tu maintenant capable de jouer des covers?

Chops – HAHAHA oui, c’est pu un problème !

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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