L’art de dire « oui » à l’impro

Par Elyse Hamel

On entend souvent qu’il ne faut pas dire non en improvisation, que ça fait stagner les choses ou que ça brise le « flow ». C’est très vrai, mais il y plus que ça derrière cette théorie. Dans le fond, ce qu’on veut dire, c’est qu’il FAUT dire OUI en improvisation.

Déjà, devenir improvisateur, c’est dire OUI à la folie que représente l’activité. C’est dire que OUI on va croire dans cette espèce de rituel bizarre avec des jerseys de hockey. OUI on va créer des situations loufoques et OUI on va se lancer dans le vide et se pèter la gueule des fois. L’improvisation commence par un gros OUI ridicule.

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Et c’est tout ce qu’on demande au public aussi : de dire oui avec nous autres, de nous écouter, de croire à ce qu’on fait et d’embarquer dans un voyage qui peut nous apporter n’importe où et n’importe quand.

Vu qu’on lui demande pas mal beaucoup, on se doit de respecter le public et de continuer à dire OUI tout au long de notre match d’impro. Parfois, les joueurs ont hérité d’une béquille où ils ont l’impression que dire « non », ou que de faire ressortir le ridicule en le disant à voix haute (« Tu ne peux pas être un électricien, t’as pas de bras! ») c’est drôle en soit. Je suis plutôt de l’avis contraire.

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Non seulement ce n’est pas vraiment drôle, c’est destructif pour l’improvisation en cours. Un joueur apporte un élément ridicule ? Tant mieux ! Les bons improvisateurs sauront l’intégrer et bâtir dessus. Le refuser sonne habituellement faux et ralentie parfois l’histoire au point de la faire arrêter complètement. L’effet ? Le public et les joueurs décrochent, tout d’un coup on n’y croit plus, on se demande ce qu’on va faire pour les deux minutes qui restent. Ce n’est pas toujours aussi brutal, parfois c’est subtil, mais ça reste qu’un déclic se fait qui brise temporairement la magie de l’improvisation, qui vient du fait qu’ensemble, on décide de dire OUI.

Vous voulez briser cette mauvaise habitude ? Exercez-vous à dire OUI lors de vos pratiques d’impro. Analysez les improvisations. Parlez avec votre équipe des éléments qui ont été apportés à l’histoire que vous venez de créer, et de s’ils ont été intégrés ou refusés. Lancez-vous des défis et apportez vos coéquipiers à dire les OUI les plus exagérés possibles ! Bientôt, vous saurez accepter que pour la durée d’une histoire inventée, un hérisson peut parler et distribuer des cartes de St-Valentin aux autres animaux de la forêt !

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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Une réflexion sur “L’art de dire « oui » à l’impro

  1. Un beau texte quétaine qui revient à dire que ça me frustre quand les joueurs s’assument pas et assument pas l’improvisation qu’ils sont en train de construire. Ça me déconnecte d’entendre des nons et ça fait stagner l’histoire.

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