Le jugement de la salle

Par Nathalie Goguen

Quelques années passées, une amie m’a demandé si je me sentais mal à l’aise, voire même jugée, sur mes choix musicaux pendant mes matchs en tant que DJ. Ma réponse courte est non. Dans mes débuts dans ce rôle, je pense que ma réponse aurait été différente. À la base nous cherchons tous l’approbation de nos pairs jusqu’à un certain point. C’est toujours le fun quand le monde aime ce que tu fais et ça aide certainement à ton estime de soi. Lorsque j’ai commencé à être « DJ Nath », je jouais certainement plus des « crowd favorites », des chansons qui, je le savais, allaient produire des réactions positives des joueurs, des officiels et du public.

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Il y a eu un moment déclic pour moi quand j’ai décidé que je voulais jouer ce que je voulais jouer. Je suis reconnue pour « puller un DJ Nath » et je suis très fière de mes liens entre l’improvisation jouée et la chanson choisie. Par contre, mes liens sont franchement souvent indétectables. Si vous êtes assis à la table de stats vous réaliserez rapidement que je fais des liens subtils, sachant très bien que personne dans la foule ne les remarquera. Je choisi ces chansons parce que ça me rend heureuse et que je trouve ça drôle. Ceci étant dit, il est évidemment important d’avoir de la variété dans ses choix. C’est quand même un spectacle et un type de musique en particulier à l’exclusion des autres n’est pas l’objectif. L’idéal, c’est d’aimer plusieurs styles de musique, vous serez heureux bien plus souvent. Je suis bien contente quand le public comprend mes choix et j’apprécie qu’ils prennent le temps de penser à la chanson qui joue pendant les pauses du spectacle. Par contre, comme je l’ai indiqué, je fais mes choix basés sur ce qui me rendra personnellement heureuse la grande majorité du temps. Dans ce sens, je suis plutôt égoïste. Cependant, je pense réellement que c’est cette philosophie qui fait en sorte que je puisse être confiante et, du coup, ne pas me sentir jugée du public. Si je sais que mes choix vont, moi, me rendre heureuse, je sais que je vais plairai au moins à une personne. J’élimine donc le stress et l’anxiété qui vient avec la vulnérabilité qu’on peut ressentir devant un public.

Il ne faut pas avoir peur de faire quelque chose de nouveau ou de prendre un risque par crainte des réactions des autres. Si j’avais eu peur du jugement, je n’aurais jamais fait jouer I love Cheetos, à ce jour encore un de mes moments préférés en tant que DJ. C’étais complètement ridicule et je n’avais aucune idée de qu’est-ce que je jouais, mais j’ai pris un risque et c’était hilarant. Parfois, tu vas prendre un risque et ça va être fantastique, et d’autres fois ça va être un flop total. Il faut accepter qu’il est dangereux d’être vulnérable, mais sans risque, il n’y aura pas de récompense.

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J’encourage les joueurs autant que les DJs de se questionner sur l’effet qu’à l’opinion du public sur leur performance. Ne sous-estimez jamais votre public, car il vous surprendra en se montrant capable de s’investir dans votre monde ridicule. Il est important de lui donner de nouveaux défis de temps en temps. Je ne veux quand même pas encourager un jeu complètement égoïste; mon rôle est individuel, donc je choisi mes chansons pour moi. Les joueurs dans une équipe ne peuvent pas toujours faire à leur tête. Si vous êtes intimidé par le public malgré tout, vous pouvez suivre les conseils d’un certain Martin Léger, entraîneur de Dieppe, et jouer pour les autres membres de votre équipe. Le fait de jouer pour un public que vous connaissez, et qui vous encourage peu importe, ne peut être que rassurant. Choisissez une personne de confiance et donnez-lui un spectacle qu’elle aimera.

Dans les mots de Miss Frizzle, Take Chances, Make Mistakes and Get Messy!

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2 réflexions sur “Le jugement de la salle

  1. C’est peut-être quelque chose qui a été couvert dans un autre post, mais quand j’assiste à un match, je me demande toujours si les DJ’s ont des time stamps précis ou ils commencent leur ~tunes~ parce que je ne pense pas avoir déja entendu le début d’une chanson. #QuestionsExistentielles

    • C’est juste plus simple de commencer une chanson à mis chemin parce que, dans trop de cas, le début d’une chanson peut être très « dull » et notre but en quelque part est de donner de l’énergie à notre foule. C’est donc une garantie qu’on ne tombera pas sur un long silence ou un bout instrumental de 15 secondes quand on ne joue souvent qu’avec 20-25 secondes.

      Shotgun « J’étais DJ avant d’arbitrer » Godin

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