Le chant mélodieux d’un arbitre capricieux!

Par Isabelle Godin

(Je dis capricieux là, mais c’était juste pour trouver une rime. Ce n’est pas parce qu’on joue du gazou qu’on est maniaque de punition! La preuve que je ne me prends pas au sérieux quand j’écris ceci : Y’a rien de moins mélodieux qu’un gazou!)

J’ai pris comme résolution pour l’année 2015 de ressortir cet instrument que trop peu d’arbitres utilisent : le kazoo (aussi appelé gazou, aussi appelé mirliton)! En pensant à la résolution que je me suis moi-même imposée, nous avons pensé, d’autres passionnés d’improvisation et moi-même, qu’il serait bien d’écrire un article sur l’utilisation de cet outil qui, depuis quelques années, a été mis de côté pour plusieurs raisons. Le but de cet article est de discuter des façons dont on peut se servir du gazou mais aussi de donner des conseils de bonne utilisation de celui-ci.

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Pourquoi s’en servir?
Il y a deux raisons principales à l’utilisation du gazou en improvisation. La première est de communiquer avec les improvisateurs en jeu. Plus souvent qu’autrement, les joueurs se laissent emporter par le moment. Ils n’ont pas toujours conscience de ce qui se passe et de ce que le public et l’arbitre voient et interprètent. Quelque chose de clair pour le joueur peut être extrêmement confus pour le reste de l’auditoire. Un joueur peut croire qu’il part dans une bonne direction avec son idée alors que, dans le fond, ça peut être destructeur pour l’histoire créée, ou même carrément inapproprié. Un rapide et subtil coup de gazou pourra ramener ces situations à l’ordre. L’improvisateur entend le son, comprend que quelque chose ne va pas, et peut donc chercher à réparer le tout. Des fois, il ne sera même pas nécessaire de faire vibrer la membrane de l’instrument! Le simple fait de le porter à vos lèvres enverra le message voulu aux joueurs et la situation se règlera d’elle-même augmentant, du coup, la qualité de l’improvisation en cours.

La deuxième raison pourquoi on utilise cet outil est pour communiquer plus efficacement avec l’équipe statistique. Le gazou attirera l’attention du joueur sur le problème, mais aussi celle du statisticien. Du moins, on l’espère! L’arbitre fait le signe approprié et indique à qui est décernée la punition. Le statisticien le note et voilà! Tout est prêt au coup de sifflet pour passer à l’annonce des punitions et au vote. Il se peut par contre que vous décidiez de retirer une punition déjà attribuée parce que vous avez gazouillé trop vite ou parce que le problème s’est réglé et c’est correct! Ce n’est pas parce que c’est noté sur la feuille de stat que la punition doit forcément être donnée; le correcteur existe pour une raison. Ce n’est pas parce que vous avez utilisé le gazou qu’automatiquement tout devient coulé dans le béton. Récompensez l’effort que le joueur a démontré lui sera beaucoup plus bénéfique à long terme et il en sera fier. Peut-être même ferez-vous face à des éloges et au chant harmonieux du « On l’aime, l’arbitre! ».

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Bien se préparer est la clé!
Avant de vous lancer tête première dans l’utilisation du gazou, commencez par prendre la peine de pratiquer. Ça peut sonner bête, je sais. Je pense quand même qu’il est important de préparer la force du son, sa tonalité, sa longueur, etc. Les instruments ne sont pas tous pareils, et je vous conseille donc de vous en procurer un qui demeurera le vôtre. Du même coup, pratiquez vos signes pour qu’ils soient clairs et surtout pour que vous donniez la bonne punition. Lorsque vous serez en jeu, il serait bon de vous créer un système qui vous assurera de ne pas oublier un de vos instruments à la table de stat. C’est l’erreur que je fais le plus souvent! J’ai mon chrono dans le cou, mon sifflet aux doigts d’une main, mon carton de thème dans l’autre. Où se trouve mon gazou? Excellente question! Euh… ahem… hé hé hé… Zut!!! Personnellement, c’est sur quoi je devrai le plus travailler. Soyez prêts et ça deviendra rapidement une partie de votre routine.

Par de drôles de circonstances, le gazou n’est presque plus entendu dans l’arène. Le ramener pourrait donc être stressant pour les joueurs. Les entraineurs devraient prendre la peine d’aborder le sujet des punitions, et de l’instrument qui sert à les donner, avec ses joueurs, mais il est aussi de la responsabilité de l’arbitre de prévenir les équipes à l’avance. Si un joueur n’a jamais entendu ce son et que, par malheur, il est dans l’arène lorsqu’une punition est donnée, il peut y avoir un moment de décrochage involontaire qui en découle. C’est à vous de juger, en tant qu’arbitre, s’il faudra sévir. On ne peut pas punir un joueur parce que les autres arbitres qu’il a eus auparavant n’ont jamais utilisé de gazou. Si un joueur vous regarde ou laisse aller un petit rire, faites-lui signe de poursuivre et, si ça ne change rien, peut-être devrez-vous punir à nouveau. Il y a un fou rire généralisé? Demandez un nettoyage!

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L’arbitre fait lui aussi partie du spectacle, sauf que…
Faire sonner votre gazou aura aussi pour effet d’éveiller l’attention de la foule. C’est en effet une partie du spectacle qui s’est aussi un peu perdue. En entendant le son, la foule réagira certainement et une panoplie de répercussions pourra être observée : Certains seront surpris, d’autres d’accord, d’autres pas du tout. J’ai assisté à des matchs durant lesquels l’usage du gazou était un art! L’arbitre se levait et clairement indiquait la punition pour que tous le voit. Plus la punition était aggravante, plus le son était long et strident. Dans un format de ligue, je suis d’avis que ce genre d’usage ajoute au spectacle. Je conseille par contre d’y aller mollo, surtout en contexte de tournoi. L’arbitre est un élément essentiel au déroulement du match, mais il n’est pas là non plus pour voler la vedette! Ni lui, ni son gazou ne devraient être le centre de l’attention.

En tout et partout, je dirais que le gazou est un élément important du spectacle. À chacun sa façon de s’en servir en prenant en considération le niveau d’expérience des joueurs participants. Allons-y petit à petit afin de commencer la rééducation de nos joueurs et de notre foule. Je vous laisse sur une traduction libre d’une citation célèbre : « La musique crée de l’ordre dans le chaos » (Yehudi Menuhin), donc c’est à nous de nous servir du gazou pour organiser le chaos qu’est l’univers de l’improvisation!

Ah pi tant qu’à faire, voici aussi une creepy photo du maître incontesté de mon appartement : Gazou!

Gazou

 

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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Une réflexion sur “Le chant mélodieux d’un arbitre capricieux!

  1. Oye! Oye! Je deteste ceux qui refusent de l’utiliser parce que ca derange les joueurs. C’est ca le but. Il faut deranger les joueurs pour qu’ils arrete de faire ce qu’ils font de mal. Il faut eduquer les joueurs et le public dans le moment.

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