Ma dépendance

Par Jonathan Thibodeau

OLYMPUS DIGITAL CAMERAMon nom est Jonathan Thibodeau et j’ai commencé à faire de l’improvisation en 1997. C’est Steven, un de mes chums de l’Université qui m’a invité à un match. Il m’a dit : « Viens voir. C’est gratuit. Pis tu vas tripper comme un malade. T’as pas besoin d’en faire si t’as trop peur mais viens checker ça. » J’avais entendu parler de l’improvisation avant parce qu’Alain, un gars qui habitait dans mon bloc appartement, en faisait.

J’ai vu mon premier match et j’ai été fasciné. J’avais entendu parler de ceux et celles qui faisaient de l’improvisation quand j’étais au secondaire, mais je n’avais jamais imaginé qu’il existait tout un univers de gens qui pratiquaient l’improvisation.

C’était intimidant. Mon chum m’a présenté aux pratiquants de l’impro, aux personnes qui avaient le pouvoir de m’introduire à cet univers. Au début, je regardais juste pis après quelques mois, j’ai décidé d’essayer. Ma blonde était contre ça, mais je lui ai dit que je le ferais juste une fois par semaine, juste pour essayer.

Ma première expérience fut terrifiante. Je pensais que ça allait être un match comme les autres, mais non, c’était lors d’un improvisathon (c’est comme un « binge » annuel de 12 heures d’improvisation, et à la fin de ça, t’es fatigué). Ma première fois fut avec Mireille, une dame d’expérience. Je ne suis pas certain de ce qui s’est passé; je me souviens que c’était bizarre, flou, mais aussi le fun.

Au cours des prochains mois, j’ai voulu tout savoir à propos de l’improvisation. J’allais à chaque match. Je pratiquais dans mes temps libres. Je ne savais pas trop ce que je faisais, mais je continuais. Même durant l’été, quand les improvisateurs étaient en relâche, je parlais d’impro, je pratiquais, j’analysais tout le temps. Ma blonde me disait que je n’étais plus la même personne. Elle avait raison. Mes amis ne me reconnaissaient plus. Mais je me sentais bien, comme si mon univers était illimité.

OLYMPUS DIGITAL CAMERALes sept années suivantes furent comme des montagnes russes. J’ai rencontré Michel et il m’a pris sous son aile. J’ai appris à propos de tout ce qui était possible dans le monde de l’improvisation. Ce que je ne savais pas de l’improvisation, c’est qu’on peut faire plus que la jouer. On peut l’animer, l’arbitrer (j’ai vraiment aimé ce côté); on peut même la faire dehors ou sans organisation. Tout ce que je voulais, c’était faire de l’improvisation. Ce n’était plus une habitude du lundi; je faisais de l’improvisation à la maison et au travail (pas besoin de vous dire que ça m’a mis dans le trouble à plusieurs reprises). Tous mes amis étaient des gens de l’improvisation. C’était de plus en plus difficile de garder une blonde, car la seule relation importante dans ma vie était celle que j’avais avec l’improvisation.

Avec les années, les responsabilités se sont accumulées. Lorsque j’ai commencé à avoir des enfants, c’est devenu difficile de mettre le temps nécessaire pour se dévouer à l’improvisation. En 2005, j’ai officiellement pris ma retraite de ce monde. Ce fut difficile et ce fut un sevrage brutal. En réalité, l’improvisation, ça ne te quitte jamais. J’en fais un peu de temps en temps, lors des occasions spéciales. Je me dois d’être vigilant, car je sais que je ne peux plus prendre le risque de devenir accro à nouveau.

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