Punitions — mon œil!

Par Michel M. Albert

1009926_1400066096911657_68482175_n-2Après vous avoir chanté le manque de mérite de toutes sortes de catégories que nous n’utilisons pas (et pour cause!), nous finissons notre série sur les façons de faire des autres en examinant un autre aspect. C’est dommage, mais y’a du monde qui n’ont pas plus de respect pour les punitions « classiques » que pour les catégories. L’ajout de punitions inutiles ne se fait pas qu’hors-province non plus; nos propres écoles ont déjà imposé des choses aussi. Considérez :

ANGLICISME (pas de signe) – Une punition imposée par des professeurs et directions scolaires jadis dans certaines écoles, par des gens pleins de bonne volonté, mais sans vraies connaissances d’impro. Oui, l’impro peut être utilisée pour aider le français des élèves à se développer (surtout leur vocabulaire), mais on ne peut pas empêcher ainsi l’utilisation d’autres niveaux de langue qu’un personnage ou l’autre pourrait avoir. Elle était d’ailleurs très mal employée; on punissait les mots d’anglais au lieu des anglicismes (et oui, il y a une grosse différence!).

VULGARITÉ (signes variés, selon l’endroit) – Une autre punition d’école qui vise à éviter les jurons, le sexe, la pensée libre… Nous croyons que certains sujets sont, en effet, inappropriés selon le spectacle (autant par rapport à qui joue qu’à qui forme le public), et les arbitres ont le cabotinage pour traiter les problèmes. Dans une ligue plus adulte, on peut utiliser le cabotinage quand quelqu’un dépasse les bornes du bon goût, mais bien placée, la vulgarité peut être intéressante en soit.

CHEVEU SUR LA SOUPE (mimer un objet qui vole dans l’air) – Une forme de rudesse/cabotinage utilisée à l’Université de Sherbrooke à un certain moment donné; elle est reçue par un joueur qui entre sans raison dans une impro en cours. Ça parle pour soi-même.

ALLO BONJOUR COMMENT ÇA VA? (faire parler les doigts) – Le Québec aime bien ses longs noms de punition. On donne ceci à chaque fois que quelqu’un commence une impro avec une salutation quelconque. Oui, c’est vrai que ça arrive trop souvent et c’est platte, mais là, ça n’a plus du tout le droit d’arriver. Pourquoi se limiter? Nous suggérons le cliché quand ça arrive trop souvent, et le statisme quand ça amène à un retard du début propre de l’impro.

NON RESPECT DES ACCESSOIRES (même signe que confusion) – C’est une confusion où on passe à travers un objet établi. Le cahier de règlements officiels ontarien décrit d’ailleurs le manque d’écoute, la confusion et celle-ci toutes de la même façon. Voient-ils une distinction du tout?

BAVARDAGE (inconnu) – Parler sur le banc à l’UQAM (du moins, c’était vrai à la CUI ’97). Procédure illégale, quelqu’un?

1604424_1400073800244220_1081386251_nEt avant que vous ne vous emportiez et pointiez le « P’tit Albert » pour prouver que l’improvisation au NB en a d’autres (Deux ex Machina, GD Awful, etc.), nous devons rappeler que ce « dictionnaire » n’est que mi-sérieux et rempli de références pour faire rire ceux et celles qui jouaient de l’impro à l’époque où il a été compilé. Il faut le prendre avec un grain de sel. En d’autres mots, il reste l’opinion des officiels d’impro de la province que seules les punitions « classiques », avec l’addition du « statisme du jeu » et du « refus de situation » (en fait, des corruptions spécifiques du « retard de jeu » et du « refus de personnage » pour des raisons de clarté, et sans changer le signe des punitions originales), sont acceptables dans nos arènes. En général, nous rejetons dans la mesure du possible l’ajout de punitions qui seraient entièrement redondantes, que très rarement données, et/ou qui limiteraient l’expression des participants de façon inappropriée. Les punitions doivent plutôt servir à encourager la création d’histoires cohérentes et intéressantes dans une atmosphère d’entraide et d’écoute mutuelles.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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5 réflexions sur “Punitions — mon œil!

  1. Ma réaction initiale à la plupart des punitions a été « … Hein? »

    Dans plusieurs cas, c’est de la sous-catégorisation de punitions existantes. Cheveu dans la soupe? Confusion, rudesse, manque d’écoute, whatever ce que ça mérite si ça nuit à l’impro. Vulgarité? Cabotinage. Lorsqu’on devient beaucoup trop spécifique sur les punitions, on devient restrictif pour les joueurs et pour le spectacle dans son ensemble, me semble…

  2. Ping : Catégories — Acceptables ! | Improvisation NB

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