JOUE IMPRO Ou Comment éviter qu’une improvisation devienne trop longue et pénible au point où personne n’as envie d’être présent parce que l’histoire tourne en rond et les joueurs n’ont vraisemblablement plus rien à dire mais l’arbitre veut les voir souffrir pour son plaisir personnel

Par Frédéric Melanson

555003_439001559507647_973898914_nQue l’on soit officiel, entraîneur ou joueur, rien au monde n’est plus frustrant qu’une impro qui ne va nulle part. Une impro peut stagner à différente vitesses. Par exemple, un joueur peut annoncer le caucus de l’équipe dans les premiers 10 secondes; l’impro stagne immédiatement. Ou alors, un joueur fait sans cesse des farces pour avoir le rire du public, mais empêche l’impro d’avancer; l’histoire en souffre. Ou la pire façon de ne pas avancer quand, dans une mixte, personne n’a d’idée; ou tout le monde a une idée, mais personne ne veux l’imposer à l’autre; ou encore tout le monde a une idée et maintient qu’elle est infiniment meilleure que celle des autres.

Maintenant, comment est-ce qu’on peut éviter ce genre de chose? La réponse courte est que c’est impossible. En impro, il y aura habituellement au moins une impro par match où les joueurs vont sortir en haussant les épaules, un gros point de question dans le visage, parce qu’ils n’ont aucune idée de ce qui viens de sa passer. MAIS (et c’est ici que ça devient important), il y a des outils pour faire en sorte que ces moments arrivent moins souvent et soient moins pénibles.

Premièrement, soyez à l’écoute de tout ce qui est dit et de tout ce qui est fait pendant l’impro. Souvent, un petit détail que quelqu’un aurait utilisé comme gag peut revenir plus tard dans l’impro pour apporter un nouveau souffle à l’histoire et par la même occasion, approfondir le monde de l’impro et peut-être même suggérer une blague qui fera rire tout le monde.

221624_439030252838111_108274292_nUn exemple : Dans un match de la LICUM il y a quelques années, deux joueurs cambriolaient une galerie d’art très maladroitement. Ils brisaient des vases précieux, ils renversaient des pots de peinture, ils déchiraient des toiles… bref, c’était un désastre comme cambriolage, mais un succès comme impro. Après quelque temps, ils réussissent à prendre la toile pour laquelle ils sont venus et l’un d’eux fait la remarque à l’autre que la peinture qu’ils ont échappée et sur laquelle ils ont marché allait mener la police directement à eux. Dans cet exemple, l’impro s’est terminé là-dessus (terminé sur un point fort est toujours une bonne idée), mais si elle avait été plus longue, ce détail résultant d’un pot de peinture renversé par accident aurait pu leur donner d’autres minutes de jus.

Deuxièmement, prenez votre temps. Ce n’est pas une course, c’est une histoire. Si vous voulez que les autres joueurs vous écoutent et comprennent ce que vous faites, prenez le temps de bien le faire et d’établir comme il faut la situation et qui est votre personnage. Le public saura apprécier aussi. Même une impro où il ne se passe essentiellement rien (en termes d’incidents) peut devenir absolument magnifique si le joueur prend son temps et s’assure que tout le monde comprends ce qu’il est en train de faire.

Un exemple : À la Coupe universitaire d’Improvisation 2009 à Montréal, j’ai fait une impro de 3 minutes sur la création de l’univers. J’ai à peine dit 5 phrases, mais en prenant mon temps et en étant précis dans mes actions, tout le monde a compris et a su apprécier.

228949_439006486173821_862591799_nTroisièmement, n’apportez pas trop d’éléments inutiles à l’impro. L’impro est motivée par le pouvoir de l’imaginaire. Aussitôt que quelque chose est dit, placé ou fait, cette chose existe et nous devons maintenant nous débrouiller avec elle. Pensez à ce que votre idée peut apporter à l’impro. Est-ce un pas vers l’avant, ou devrez- vous la faire disparaitre magiquement après 5 secondes?

Un dernier exemple : Pendant un tournoi secondaire en 2005, un joueur répétais le gag de toujours venir voler un élément de l’impro. C’était drôle les premières fois, mais la blague a été faite au détriment de l’impro. L’impro n’a pas avancé et le public, les officiels et les joueurs semblaient tous déçus d’avoir manqué ce qui aurait pu être une bonne impro.

Tout ceci est, bien entendu, hautement subjectif et peut changer selon le joueur, l’équipe ou l’impro. Si vous pouvez entrer dans une impro, donner le caucus en 10 secondes et passer à autre chose de façon fluide, allez-y à fond. Si vous êtes capable de soutenir une impro cohérente qui passe du coq à l’âne et qui va à 100 km/heure, pourquoi ne pas le faire? Si vous pouvez passer une impro entière à faire des blagues et des commentaires sans pour autant détruire l’illusion, lâchez-vous lousse. La seule manière de découvrir où est votre limite personnelle en termes de gestion du rythme de l’impro est de la dépasser. Dans un monde idéal, vous irez trop loin pendant une pratique et vous connaitrez vos limites pour le prochain match.

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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