Le truc

Par Michel M. Albert

On parle souvent de talent. On parle même parfois de l’importance de la pratique. Et, bien que ces choses soient toutes deux importantes à un jeu qui se veut de haut calibre, on en néglige souvent une troisième : la confiance. La confiance, c’est au moins 40% du bon jeu, un principe que l’on peut voir en action et que les joueurs et entraîneurs peuvent trouver moyen d’exploiter à leur avantage.

999474_552063171534818_732616684_nJe ne trouve rien d’autre pour expliquer la performance de certains joueurs qui, un an auparavant (par exemple), éprouvaient beaucoup de difficulté, et qui dans le présent se débrouillent mieux, jouent plus et sont plus sympathiques au public. La logique est peut-être évidente : si le joueur croit en lui, il se sentira plus à l’aise de rentrer, il jouera plus. Également, si un joueur ne joue qu’une impro par match, il donnera l’impression qu’il est moins bon que les autres; le public ne lui donnera pas de chance, pensant « Bah, c’est leur moins bon joueur. » En revanche, si notre joueur confiant joue davantage, le public le verra comme un joueur à part entière, et les votes deviendront plus objectifs. Le joueur devient maintenant de plus en plus confiant, car il a l’approbation du public.

O.K. Ceci dit, il faut que ça commence quelque part. Les joueurs déjà confiants se doivent d’encourager le joueur peu confiant, le faire embarquer plus souvent, le féliciter, lui donner des conseils (car sa performance COMPTE, on ne s’en fout pas). Sentir qu’on est une partie importante d’une équipe est primordial au joueur sain et bien formé.

Improvisateurs et improvisatrices, je ne peux vous dire que ceci. VOUS ÊTES BONS, même si parfois, vous ne le croyez pas. Ne dîtes JAMAIS que vous ne pouvez pas rimer, ou chanter, ou quoi que ce soit, parce vous vous convaincrez que c’est la vérité. Le joueur qui dit qu’il ne peut pas, NE PEUT PAS! Le joueur qui se dit rouillé EST rouillé. Le joueur qui dit qu’il n’est pas bon DEVIENT mauvais. N’ayez pas peur d’expérimenter. Essayez de nouvelles choses. C’est la seule façon d’apprendre. Ayez confiance en vous-même et en vos co-équipiers. Ils ne vous laisseront pas tomber. Vous pouvez au moins essayer. Et MÊME si vous ne réussissez pas, ce n’est pas une raison pour LÀ, dire que vous n’êtes rien de bon. Parce que c’est de l’impro; ça ne marche pas toujours! Et ça, c’est vrai pour tout le monde, qu’importe son expérience. Alors, bon courage, et je vous verrai dans l’arène!

Originalement publié sous une forme brouillon dans Improv Memories #3 (Janvier 1997)

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13 réflexions sur “Le truc

  1. Martin Latulippe, sors de ce corps! 😛

    Un concept si simple et si compliqué à la fois que celui de la confiance en soi. Si facile à bâtir et si difficile à entretenir. Avoir confiance en son histoire, en son propre potentiel, assumer ce que l’on dit, c’est un travail de longue haleine, mais qui fait toute la différence dans la performance d’une personne et, par conséquent, dans la qualité du spectacle en général.

    • Amusant mais vrai, j’ai écrit ce texte la même année que Martin « Flower » Latulippe était dans la Licum. Mais bien avant qu’il devienne motivateur. C’était juste un rare Aigle Bleu qui faisait de l’impro, pis j’aurais pas deviné sa trajectoire professionnelle.

      Alors, la poule ou l’oeuf? 😉

  2. Ah, la confiance. C’est presque impossible de forcer la confiance chez un joueur. C’est plate voir un joueur qui serait obviously très bon, mais il manque juste la confiance. Tu vois sa souvent dans des tournois ou des équipes pensent pas pouvoir gagner et sa détruit leur confiance. Mon petit « mantra », si sa fais du sens, est qu’il ne faut pas être compétitif, mais il faut plutôt aimer la compétition.

    Aussi ce post mais rappelle d’une chose dit dans les special features du film ALIEN. Ou l’écrivain disait que les meilleurs artistes sont eu qui accepte n’importe quoi qu’on les propose. Car ils ont la confiance de dévier de leur idée original, car ils savent qu’ils peuvent faire n’importe quoi. Comparer à quelqu’un qui refuse de changer ou accepter des changements dans son impro.

  3. Pour moi, c’est encore un plus gros % que cela. Le coté psychologique de la préparation d’une équipe est TRÈS important. Le mental, la confiance, l’état psychologique des joueurs va affecter de beaucoup leur match et leur performance.

    L’entraineur se doit de bien encadrer les joueurs afin qu’ils soient dans un état ou ils peuvent jouer librement, sans arrières pensées négatives.

    On entends souvent parler de joueurs ou d’équipes qui  »craque » ou  »craquent » (si je l’accorde avec équipes :P) sous la pression… Je crois que c’est dans l’adversité qu’on voit le vrai visage d’un joueur et on doit outiller les jeunes afin qu’ils puissent (dans l’impro, comme dans la vie, dans le fond), briller dans l’adversité !

    On se voit en fin de semaine !

    • Juste parce que c’est rare et le fun de corriger Justin sur son français… Joueurs était au pluriel aussi, dude.

      Mais je suis probablement d’accord avec ta math. 40% est un estimé plutôt conservateur.

  4. hahaha, tu as raison Michel !
    Ce n’était pas normal qu’on était trop sur la même longueur d’onde, il fallait bien que tu corriges quelque chose !
    Mais je partage de beaucoup ton point de vue.
    Et je ne savais pas que tu étais conservateur, c’est Marie-Claude Blais qui sera content de l’apprendre.

  5. Dans cette même veine de réflexion sur la confiance, ce qu’un joueur se doit de réaliser, c’est qu’on APPREND à devenir improvisateur. Quand un joueur affirme qu’il n’est pas très bon, ou qu’il ne peut pas jouer telle ou telle catégorie, c’est qu’il croit qu’il se doit de posséder cette aptitude dès ses débuts. Et pourtant… l’improvisation est une grande école. Il suffit de vouloir réellement apprendre.

    • Bon point. C’est un apprentissage qui se fait tout au long de sa carrière et ça évolue constemment, comme ça on peut jamais rattrapper. Ce que c’était d’ête « bon » 20 ans passés a des lacunes par rapport au « bon » d’aujourd’hui, laissez-moi vous le dire! Je prépare une série de textes sur les pilliers de l’improvisation et ça met en perspective comment on a tous des choses à travailler dessus pour atteindre cet idéal.

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