L’improvisation au-delà du rire ! Ou, l’impro c’pas that drôle, dude

Par Olivier Rioux

Full cool à l’os ! Bon, maintenant que j’ai été cool pour la seule fois de ma vie, je vais vous parler de l’impro.

Une improvisation n’est pas toujours drôle. Elle peut être triste, intéressante, étrange… Vous voyez l’idée ?

1479430_552439761497159_1793219861_nIl arrive parfois, après un match, que les gens vont voir les joueurs pour leur dire des choses du genre : « C’est vraiment bon ce que t’as fait ! » ou « J’ai aimé quand t’as parlé de ma mère », mais ce que je n’aime pas entendre c’est : « J’ai voté  pour toi parce que c’était drôle ! »

À ça, je dis NON !

Pour les joueurs qui mettent beaucoup d’effort sur leurs personnages, la construction, etc., de tels commentaires ne sont pas productifs. Ce qu’un joueur aime entendre c’est : « L’histoire était super awesome ! » ou « J’ai aimé le concept que votre équipe a exploité. » Personnellement, me faire complimenter sur mes « plot twists » super complexes comme « Ta mère, c’est aussi la mère du chien ! » *regard lointain dramatique*, est bien plus valorisant !

Il faut que le public, ou même les joueurs, réalise que l’impro, ce n’est pas seulement que des blagues, c’est des personnages, des concepts, de la vérité et des histoires qui avancent.

Dans chaque improvisation, il faut créer un espace, des personnages et une histoire avec un début, un milieu et une fin, tout cela avec un caucus de 20 secondes ! C’est un gros remue-méninge !

De plus, il n’y a pas de mauvais joueurs. Ce n’est pas parce qu’un joueur n’est pas « drôle » qu’il est mauvais, car il peut être le meilleur de la province en dramatique. C’est peut-être aussi celui qui a le plus de vérité dans son jeu. Il n’y a pas non plus de mauvaises équipes. Comme les joueurs, les équipes ont chacune leur style de jeu ; certaines équipes joueront plus physiquement et d’autre verbalement ! C’est la vie !

Les histoires sont aussi très importantes. Un début, un milieu et une fin. Je veux savoir ce qui arrive à Lucie après qu’elle perd son chat dans le restaurant de l’oncle du père de son ami, bon ! Une impro doit satisfaire ma curiosité !

Être tout simplement drôle ne veut pas dire que l’impro méritait le vote ou qu’elle était la meilleure.

1482986_552440151497120_1756860120_nMais bon c’est quoi une bonne improvisation ?
C’est une bonne dose de :

Personnages : (ex : Un gros français, une jeune anglophone et un asiatique)

Endroits : (ex : Dans un aéroport italien)

Histoire : (ex : Ils cherchent tous leurs avions, mais ne se comprennent pas)

Imaginez la même improvisation sans personnages, endroit ou histoire, peu importe qu’elle blague de baguette, de thé ou de sushi que l’ont ferait, elles n’auraient pas le même effet du tout.

Si l’improvisation est un gâteau, l’histoire est la farine, les personnages les œufs, l’espace le sucre, etc. Les blagues sont le glaçage, soit une belle finition aux improvisations.

L’humour a une très grande place dans le milieu de l’improvisation, mais il ne faut pas oublier les bases !

Sur ce, holà !

ous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

Advertisements

8 réflexions sur “L’improvisation au-delà du rire ! Ou, l’impro c’pas that drôle, dude

  1. Bon travail, Olivier. Je suis d’avis que le set-up de l’impro-match est déjà suffisement absurde pour en tirer de l’humour sans forcer la note. C’est le reste qui donne du contexte à cet humour et qui rend les impros mémorables.

  2. Je suis de ceux qui pensent que l’humour, s’il est pour y en avoir dans une impro, ça va venir tout seul sans qu’on ait à le forcer. Même que le fait que ça vienne naturellement sera beaucoup plus drôle que si les joueurs font exprès d’être cabotins dans le but unique de faire rire, sans rien emmener à l’histoire.

  3. C’est un très bon exemple que l’humour ne vient pas exactement des blagues, mais de la situation et des personnages. Souvent on pense que le conflit est l’élément le plus important de l’impro, mais en réalité ce sont les personnages/situation/lieu. La foule n’a aucun investissement sur le conflit, ils care pas si les personnages n’ont pas d’argent en ce moment. Si l’impro fini avec les personnages riche ou pauvre, sa n’affect aucunement la foule. Comme foule on veut juste s’attacher à leur situation et la relation des personnages. On ne veut pas voir les personnages gagner, on veut leur voir réagir à gagner.

  4. J’adore l’analogie avec le gâteau! Ça représente tellement bien ma perception de ce qu’est une bonne impro. Dans un monde idéal, on offrirait plus d’impro à longue durée afin d’aider les joueurs à tout établir et à réussir l’énorme défi qu’est de trouver un dénouement à leur histoire. Mais en même temps, qu’est-ce que c’est gratifiant de réussir à faire vivre tout cela à la foule dans une 2 minutes!
    J’étais de ces joueurs qui n’étaient pas naturellement drôle. Lorsque j’ai cessé de jouer, je crois bien que c’est pour cette raison… Je ne me voyais pas à la hauteur. C’est en étant dans l’envers du décor, dans l’équipe d’officiel, que je me suis rendue compte que l’impro c’est plus que ça! Et c’est pour cette raison que j’aimerais essayer un retour au jeu (lentement bien sur).
    Anyway, bravo Olivier pour l’excellent texte!

  5. Si tu fais l’improvisation de l’asiatique et de l’anglophone perdus dans un aéroport italien au tournoi, je te «bench» ! 😀

  6. Ping : Blagues, glaçage et gâteau, le même bateau ! | Improvisation NB

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s