Vivre l’impro ou Le Zen de l’improvisateur

Par: Jean-Sébastien Levesque

Ma conclusion de l’évolution du joueur d’improvisation est très semblable à ce que disait Robert Gravel dans ses livres sur l’improvisation (Impro I) que j’ai lu il y a plus de 15 ans.

LICUM 2012

LICUM 2012

J’écrivais cet article… je le relis… ma réaction : Messemble que j’ai déjà lu cecitte… mais c’est pas moi qui l’avait écrit.  J’essaie de trouver sur qui je fais du plagiat. J’ai tellement lu de livres, tellement fait de recherche, parlé à tellement de gens au sujet de ce merveilleux sport-art qu’il était difficile de savoir ce qui avait inspiré cet article. Un soir, comme un coup de chaudron sur la tête, je réalise que Robert Gravel lui-même avait utilisé le samouraï comme exemple. Je n’ai pas vérifié ce que Gravel avait écrit, et plutôt de vous faire part de ma réflexion et de vous laisser faire les comparaisons vous-mêmes.

Que le spectacle commence.

Comme le samouraï, l’improvisateur doit observer la nature, aiguiser ses sens, développer sa technique.  Et tout comme le rônin, l’improvisateur doit, en bout de ligne, parfaire sa technique à un tel point qu’il oublie la technique. Elle devient seconde nature. Elle est une partie intégrale du comédien-créateur. À ce moment, l’improvisateur-samouraï deviendra maître de son art. Il comprendra, saura la réponse avant que la question ne soit posée. Il ne jouera plus… il sera le jeu.

L’improvisateur-guerrier est capable de couper à travers n’importe quel thème imposé par l’arbitre. À l’aide de son arsenal de rimes, chansons, voix, mouvements, le guerrier découpe, décapite et détruit les obstacles qui viennent perturber son histoire. Il le fait brillamment, avec adresse et fait un grand spectacle. La foule applaudit l’improvisateur-guerrier. Il nettoie son katana, la sueur coule de son armure, il salut et attends son prochain défi. Fier, il a appliqué ce qui lui a été enseigné. Que ce soit de talent naturel ou travaillé, le résultat est le même : des rires, des sensations, des applaudissements.

Le maître-improvisateur, lui, semble peu préparé et confiant. Habillé d’un simple vêtement, sans armure, il semble se détendre. Épée laissé de côté, il entre volontairement dans la mêlée.  L’histoire semble se dérouler sans explosions, sans cris. Rien n’est coupé, tout est redirigé. Un tourbillon qui l’entraine, qui le frappe qui semble diriger ses mouvements. Le tourbillon semble faire partie du maître, il danse avec le tourbillon. Personne ne dirige, personne ne contrôle, une harmonie s’installe. Applaudissements, rires, sensations garantis, mais il y a quelque chose de plus… un intangible quelque chose qui nous dit: « Wow, cecitte c’est extraordinaire ».

Les deux improvisateurs, guerrier ou maître, sont incroyables à regarder jouer. Le plaisir de voir une exécution parfaite se fait toujours sentir par la foule… Mais il ne faut pas se tromper. Être maître n’assure pas un point. Être maître assure une bonne impro.

Dans le cœur du comédien-créateur, devenir maître est un but honorable, un but digne de tout le travail et l’effort qui a été offert en sacrifice aux dieux de l’impro.

Pour devenir maître, l’improvisateur doit se laisser entrer dans un état de non-résistance. Il doit accepter. Il doit oublier tous les artifices et vivre le moment. Pour vivre le moment, il faut croire au moment. Croire au moment rendra le moment réel, tangible, malléable. À ce moment, le guerrier devient artiste. Et au lieu de couper, forcer et soumettre, il sculptera, modèlera et transformera.

La première transformation sera lui-même.

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