J’ai toujours eu peur du ridicule…

Par Elyse Hamel

976483_459874114087058_212147342_oÇa peut sembler bizarre à dire pour une joueuse d’impro qui prétend avoir ça dans le sang, mais c’est vrai. Je n’ai jamais aimé les mascottes, parce que je ne voulais pas que la personne à l’intérieur me juge. Une fois, mes parents ont ri de moi parce que je suis sortie dehors quand ils travaillaient sur le jardin avec une affiche autour du cou qui disait « Moi j’ède mè paren », et je suis rentrée tout de suite me réfugier dans ma chambre.

Alors pourquoi m’être lancée dans l’impro si j’avais profondément peur de faire rire de moi ? Peut-être parce qu’en quelque part, ça me donnait le contrôle sur quand j’avais l’air ridicule ou non. (J’ai aussi toujours eu peur de ne pas être en contrôle, mais ça c’est une histoire pour un autre moment).

Un jour, Michel Albert a dit « Non mais, faut-tu pas être masochistes pour faire de l’impro ? On fait les fous, on se casse la gueule, pis après, comme si c’était pas assez, ben on demande au public de nous juger… Dans notre face ! ». Je pense que c’est cette illusion qui m’a d’abord attiré à l’impro. C’est correct si j’ai l’air ridicule, parce que c’est ça que j’essaye de faire. C’est correct que vous me trouvez niaiseuse, parce que je fais exprès de paraître niaiseuse. (Pourquoi est-ce que je suis une personne maladroite ? Parce que je ne sais pas être gracieuse, alors j’essaie d’être la personne la plus adorablement maladroite possible… Faut jouer les cartes qui nous ont été données dans la vie !)

On entend souvent « Ah moi je pourrais jamais faire de l’impro, j’suis ben trop gêné, j’ai pas confiance en moi comme vous autres ! » Quand quelqu’un me dit ça, je sais que l’illusion a réussi; parce que les joueurs d’impro comptent parmi les personnes les plus complexées que je connaisse. (J’pointe personne, mais… bon… certains sauront s’y reconnaître…)

C’est quoi donc pour moi de l’impro ? C’est une échappatoire par excellence. C’est une thérapie gratuite, un univers complexe qui fonctionne par ses propres règles. Quel autre endroit nous permet de devenir populaire tout en étant le plus ridicule possible ? L’impro, c’est un monde à l’envers, mais c’est mon monde. Et je l’adore…

Tu peux sortir la fille de l’impro, mais tu peux pas sortir l’impro de la fille. Je rencontre quelqu’un que je n’apprécie pas dans la rue ? BAM ! Je sors le personnage Elyse-est-gentille. J’ai une présentation à faire et je ne suis pas sure de moi ? BAM ! Voici le personnage Elyse-est-confiante.

Je fais de l’impro depuis que je suis toute jeune, pour avoir l’air moins ridicule… Et j’ai bien hâte de vous partager toutes les autres raisons que je me suis données au fil des ans pour me justifier, des réflexions que j’ai faites à 4h du matin et des trucs que j’ai accumulés de personnes encore plus niaiseuse que moi !

Vous voulez écrire un article? Communiquez avec Isabel Goguen à improvisationnb@gmail.com!

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5 réflexions sur “J’ai toujours eu peur du ridicule…

  1. Si nos insécurités nous attirent souvent à l’impro, il faut se rappeller de ne pas jouer guidés par ces insécurités. C’est p-e ça le plus difficile. On ne peut pas laisser la peur du ridicule nous figer au banc, on nous retenir d’aller jusqu’au bout dans l’arène, pas plus que nous devrions utiliser l’impro comme plateforme pour « prouver » quelque chose (à soi ou à d’autres). Être au service de l’impro et non de soit est la règle d’or.

    Maudite game difficile.

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